Mammifères marins : pas touche à l'échoué !

Jeudi 21 mai 2015 à 08h33

Le 30 avril dernier, un jeune cachalot d'environ 7 mètres a été découvert en état avancé de décomposition dans la petite crique de Monticello, en Balagne. C'est le quatrième cétacé retrouvé échoué sur les côtes de Corse depuis le début de l'année. Que faire confronté à une telle situation ?


Ce jeune cachalot découvert sur une plage de Balagne le 30 avril dernier est le quatrième cétacé retrouvé échoué sur les côtes de Corse depuis le début de l'année. Crédit photo : Barbara Ignacio-Luccioni (Corse-Matin)

Qu'il soit vivant ou mort, échoué sur une plage ou à la dérive en mer, surtout ne pas manipuler l'animal. Les animaux morts ou blessés peuvent être porteurs de maladies et faire courir des risques sanitaires, notamment en transmettant des infections à staphylocoques, la brucellose, des mycoses, et d'autres agents pathogènes dont certains potentiellement mortels. L'animal vivant, vous risqueriez de le blesser en le manipulant, et vous avec : tout animal sauvage peut chercher à se défendre (risques de coups, morsures...).
La première chose à faire est donc d'avertir immédiatement les autorités compétentes : en premier lieu l'Observatoire Pelagis, qui coordonne le Réseau national échouages (RNE), les pompiers (18 ou 112), la mairie. En étant le plus informatif possible : lieu de l'échouage, espèce concernée, taille et état de l'animal.


En attendant l'arrivée des secours, si l'animal est vivant et exposé au soleil, vous pouvez humidifier sa peau en couvrant son dos et ses flancs de linges humides ; à défaut, l'arroser prudemment. Mais attention : ne jamais couvrir ni arroser son évent (orifice de la respiration situé au sommet de la tête). Bien sûr, ne pas tenter de remise à l'eau sans l'aide de personnes habilitées. Eviter les attroupements, l'agitation et le bruit qui vont stresser l'animal.

 

2013, triste année record

L'examen d'un animal échoué est obligatoire avant sa remise à l'eau ou son élimination, et doit être effectué par une personne mandatée. Les cétacés et autres mammifères marins sont en effet des espèces protégées par la Convention de Washington, ainsi que par l'arrêté du 27 juillet 1995 fixant la liste des mammifères marins protégés sur le territoire national. C'est l'Observatoire Pelagis qui délivre les autorisations, sous la tutelle du Ministère en charge de l'Ecologie. Il se chargera dès votre appel de contacter ses correspondants du RNE sur la zone où l'échouage a été constaté, pour étudier, gérer l'animal, essayer de le sauver si cela est possible. Les données et prélèvements biologiques recueillis sur les mammifères marins échoués sont précieux, ils renseignent les expertises scientifiques sur leur état de santé et celui de leur environnement.


Les échouages concernent l'ensemble du littoral français, comme de tous les pays possédant une façade maritime. Plusieurs causes sont invoquées, au premier rang desquelles la mortalité par capture accidentelle, mais aussi la pollution sonore des océans par les sonars militaires, qui perturbe l'écholocation des cétacés les plus sensibles (en particulier les baleines à bec de Cuvier et les baleines bleues). Il faut aussi compter sur les collisions avec des embarcations, les contaminations du milieu (déchets, produits toxiques), les maladies, et bien sûr la mort naturelle de l'animal.


Dans son dernier rapport, le RNE recensait, pour l'année 2013, 1 455 échouages de mammifères marins sur l'ensemble du littoral français : 1 423 en France métropolitaine (1 273 cétacés et 150 phoques)* et 32 en outre-mer (cétacés)**. Une année record. Le RNE est composé d'une cinquantaine d'organismes (associations, organismes publics, aquariums...) et compte près de 400 correspondants. Le concept de science participative sur lequel il repose a malheureusement de beaux jours devant lui.

 

Contact


Observatoire Pelagis - UMS 3462 : 5, allée de l'océan 17000 La Rochelle, tél. 05.46.44.99.10.
Plus d'infos sur www.observatoire-pelagis.cnrs.fr/participez/signaler-un-echouage-257/

* Le RNE a répertorié 1273 cétacés échoués en 2013 en France métropolitaine : 366 en Manche-Mer du Nord, 856 en Atlantique et 51 en Méditerranée. Ils concernaient 11 espèces, essentiellement dauphins communs (Delphinus delphis, 482) et marsouins communs (Phocoena phocoena, 497), mais aussi dauphins bleu et blanc (Stenella cœruleoalba), grands dauphins (Tursiops truncatus), globicéphales noirs (Globicephala melas), petits rorquals (Balaenoptera acutorostrata), rorquals communs (B. physalus), une baleine à bec de Cuvier (Ziphius cavirostris), un cachalot pygmée (Kogia breviceps).
Concernant les 150 phoques répertoriés : 106 l'ont été sur le nord de la France (de la Normandie à la frontière belge), 33 en Bretagne, 11 sur la façade atlantique : 74 étaient des phoques veaux-marins (Phoca vitulina), 61 des phoques gris (Halichoerus grypus), les autres sont restés indéterminés.
** En outre-mer, les 32 échouages de cétacés ont été recensés à Saint-Pierre-et-Miquelon, aux Antilles, en Guyane, à Mayotte, en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie française.

 


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