Eric Terrien – « Une planche, une pagaie et c’est parti ! »

Mardi 21 juillet 2015 à 07h47

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Eric Terrien, professionnel de Stand Up Paddle, nous dévoile les coulisses de sa discipline, encore peu connue du grand public. Entretien avec l’un des membres de l’équipe de France.


Nautisme.com - Comment êtes-vous arrivé au stand up paddle (SUP) ?


Eric Terrien - Je pratiquais de nombreux sports nautiques dont le windsurf et le surf. J’ai découvert le SUP en feuilletant un magazine qui traitait de cette nouvelle discipline à Hawaii. En 2007, je suis parti en Australie et j’ai sauté sur l’occasion pour essayer. J’ai tout de suite accroché.

 

Quel élément appréciez-vous le plus dans ce sport ?


La simplicité. Nous partons, la planche sous le bras, et nous pouvons faire 15 min, 30 min ou 1 h d’exercice et tout en prenant du plaisir. Nous ne sommes pas obligés d’attendre des conditions météo particulières.

 

Quelle image se fait-on du SUP en France ?


C’est une discipline très dynamique. Depuis sa création, elle ne cesse de progresser. Le SUP se développe et se structure aux cotés de la Fédération française de surf. Une première génération a débuté en même temps que moi en 2007-2008. Aujourd’hui, une vague de jeunes est en train d’émerger. Ils apportent de nouvelles pratiques et un aspect plus sportif et extrême à notre discipline. De plus en plus d’amateurs se mettent au SUP et recherchent une pratique de loisir et de bien-être. La France est l’un des pays comptant le plus de pratiquants au monde. Aujourd’hui, un jour de beau temps, il n’est pas rare de voir des groupes faire du Stand Up Paddle. Cela s’est démocratisé que ce soit en bord de mer ou sur des lacs. Il y a quelques années, c’était complètement marginal.

 

Quel regard les gens portaient-ils sur vous lorsque vous avez débuté ?


Ils étaient curieux et me posaient beaucoup de questions. Lorsqu’on croisait quelqu’un sur une planche on le rejoignait pour échanger. C’était très convivial. Il y a une véritable philosophie autour du paddle, et cela participe à son essor.

 

Quelles sont les qualités d’un bon stand up paddleur ?


Pour le pratiquant « loisir », aucune qualité n’est requise, si ce n’est de savoir marcher et nager (Rires). Avec quelques bons conseils sur la technique de rame et un matériel adapté, n’importe qui peut débuter et prendre du plaisir en SUP. Lorsqu’on s’oriente vers la compétition, il faut être endurant, puissant et posséder d’excellentes connaissances de navigation.

 

Le SUP se professionnalise, comment le vivez-vous en tant que sportif ?


Aujourd’hui, le SUP est une discipline sportive à part entière. On commence à voir de plus en plus d'athlètes sponsorisés et certains deviennent professionnels.

 

Comment se déroulent les compétitions ?


Il y a deux grandes types de compétitions : le SUP surf, jugé d’après l’évolution du sportif sur la vague et le SUP race, qui suit un principe simple, le premier à franchir la ligne d’arrivée a gagné.

 

 

Vous êtes spécialiste de SUP Race, quelles sont les spécificités ?


Nous avons deux types de courses. Lors des formats longue distance, nous évoluons en peloton, comme dans une course cycliste, et parcourons entre 15 et 50 km. Une stratégie liée à la course se met en place : rester positionné, faire attention aux attaques et aux relances. Le deuxième format de course se déroule en bord de plage, dans les vagues. Nous partons par petits groupes, nous devons passer les vagues à l’aller, sans chuter, tourner aux bouées et revenir en surfant. Avoir de solides connaissances en navigation est fondamental, pour lire le plan d’eau et anticiper les vagues. J’affectionne particulièrement ces courses. Elles sont spectaculaires, dynamiques, intenses et très stratégiques.

 

De quel résultat êtes-vous le plus fier ?


Trois courses m’ont particulièrement marqué. Ma troisième place lors des championnats du monde au Pérou en 2012 et au Nicaragua en 2014 en longue distance (18 km). Je suis également fier d’une cinquième place obtenue en 2012 et 2013 à la Molokai 2 Oahu. C’est une course océanique légendaire de 50 km reliant deux iles hawaiienne. J’ai aussi décroché une 8ème place en 2011 et 2014 sur une course mythique, The Battle of the Paddle, en Californie, qui malheureusement ’existe plus. Elle se déroulait dans de puissantes vagues et de nombreux spectateurs étaient présents sur les rivages. Ce sont des moments inoubliables dans la vie d’un sportif.

 

Dans quel état est-on après 50 km d’effort ?


Nous terminons épuisés ! Mon record sur 50 km est de 4 heures 30 minutes soit une moyenne de 12 km/h.

 

Comment se déroulent vos sessions d’entrainements ?


En hiver, j’effectue deux entrainements par jour. J’alterne entre la préparation physique et technique. En fonction des conditions météo, je travaille en mer ou en salle. En été, je participe à des courses chaque week-end. Les semaines entre deux compétitions, je me concentre sur la récupération et la reconnaissance du parcours. Je me déplace énormément pendant la saison. Dans les semaines à venir, je vais à Barcelone, en Finlande, en Italie, au Japon et à Hawaii.

 

Quels sont les meilleurs spots de stand up paddle en France ?


Tout dépend de la spécialité et des envies de chacun. Pour travailler la technique, je me dirige vers des spots abrités pour naviguer sur une mer plate. Par contre, quand j’ai envie que ce soit mouvementé, je vais en pleine mer sur un spot océanique. La côte de Jade, près de Nantes en Loire Atlantique est une zone que j’affectionne particulièrement. Mais, si je dois garder un seul endroit, ce serait Fuerteventura, aux Canaries. Mais, du moment que ma planche flotte, cela me convient.



Quel est l’endroit le plus insolite où vous avez pratiqué le SUP ?


J’ai participé à la traversée de Paris. C’était à la fois insolite et amusant de naviguer sur la Seine.

 

Quels sont vos prochains objectifs ?

Pour l’instant, j’ai la chance d’évoluer au plus haut niveau donc je mise tout sur la compétition. Par la suite, j’ai envie de m’orienter vers de nouveaux défis, notamment des traversées.

 

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