Escapade d’un week-end sur la Rance

Dimanche 27 décembre 2015 à 09h00

L’estuaire de la Rance entre Saint-Malo et Dinan offre un bassin de navigation tout temps. Que vous soyez adepte du bateau moteur, du voilier, ou d'escapade en pleine nature, cette vallée ne peut que vous séduire.


Le rythme des marées
Dans la baie de Saint-Malo, le marnage est important, il peut atteindre plus de 13 m en vives eaux. Sur l’estuaire de la Rance, les niveaux d’eau et les heures sont régis par le barrage. Le marnage est beaucoup moins important, il atteint 7 m au maximum. Quant aux heures marées, il y a un décalage de l’ordre de 2 à 3 heures par rapport à Saint-Malo avec un niveau haut maintenu pendant environ 1 heure et un niveau bas de 20 mn.


Barrage de la Rance ou cale de mises à l’eau
Pour accéder à l’estuaire, il faut passer le barrage de la Rance. Ce dernier fonctionne 24 h/ 24 h à partir d’une hauteur d’eau minimum de 4 m (côté bassin ou mer). Pour faciliter la circulation routière, la levée du pont et l’ouverture de l’écluse côté mer se font aux heures rondes. Attention, en saison estivale, il y a des restrictions, il est prudent de se renseigner (02 99 16 37 33). Si vous avez un bateau transportable, vous trouverez des cales de mises à l’eau côté Rance (Saint-Suliac, Plouër, ….).


Halte culturelle à Montmarin
Le premier mouillage est l’anse du Montmarin (48°36’06 / 2°01’26). Les fonds qui ne découvrent que devant la plage (-2 à -4 m suivant le marnage) permettent de s’avancer suffisamment pour être bien abrité. De nombreux mouillages, attribués à des plaisanciers, sont présents. Si on reste à bord, on peut emprunter un mouillage libre. Mais si l’on souhaite descendre à terre, il faut mouiller. Au fond de l’anse, se situe le domaine du Montmarin classé monument historique et son jardin de 6 hectares labellisé jardin remarquable. En fait, c’est une belle malouinière de style louis XV construite en 1760, entourée comme il se doit d’un grand jardin. En 1782, le nouveau propriétaire qui était armateur et constructeur de navires mit à profit la situation du site et y installa un chantier naval dont l’activité se maintiendra jusqu’en 1811. En 1885, le Montmarin change à nouveau de propriétaire ; celui-ci le restaurera et aménagera le jardin en ajoutant au jardin à la française du 18è siècle, un jardin anglais sur quatre niveaux. Depuis, cinq générations ont continué à restaurer le château et à embellir les jardins. Tous ces réaménagements et l’introduction de nouvelles plantes ont abouti en 1987 à l’organisation des premières journées des plantes rares et à l’ouverture d’une pépinière. Ce jardin offre une promenade exceptionnelle qui peut être faite sous forme de visite ou être une flânerie parmi arbres, bosquets, massifs et parterres offrants une riche palette végétale. Les visites sont payantes et les horaires d’ouverture des jardins et de la pépinière sont consultables sur le site www.domaine-du-montmarin.com.


Saint-Suliac et ses alentours
Sur la rive Est, nous trouvons l’île Chevret et un cimetière à bateaux. Pour accéder à ce dernier, les bateaux qui souhaitent s’échouer, peuvent aller dans l’anse de Saint-Helier au Nord Est de l’île Chevret ou mouiller entre la Pointe du Grouin et l’île. En continuant notre route, on arrive à Saint-Suliac, un des plus beaux villages de France. Certaines maisons avec des porches bas et arrondis, émaillées de pierres sculptées, datent du 14è et 15è siècle. L’église fut érigée par les Bénédictins de Saint-Florent-de-Saumur en 1137. Les fondations de l’église actuelle datent du 13è ; l’accès se fait grâce à deux porches dont l’un abrite des statues d’apôtres très bien préservées. L’intérieur de l’église est simple mais très beau. Dans le village, on peut faire des courses (pain, épicerie,…). Au milieu de la montée, le restaurant « Boucanier et Cie » propose différentes formules élaborées à base de produits frais avec un bon rapport qualité/prix. Ce qui lui a valu un "Bib gourmand" au Michelin. De plus, vous pourrez acheter les produits fabriqués par le chef à la boutique épicerie fine (11-19 h, sans interruption). Entre Saint-Suliac et le Pont-Saint-Hubert, il est conseillé de suivre le balisage. Au sud de la Ville-es-Nonais, deux ponts enjambent la Rance, dont une arche de la nouvelle voie routière et le pont Saint-Hubert (23 m de tirant d’air). Une fois passé le pont Saint-Hubert, nous trouvons sur la rive Est le mouillage du port Saint-Jean. Une petite cale permet de descendre à terre, voire d’accoster avec le bateau en fonction de la hauteur d’eau. Entre le pont Saint-Hubert et Plouër-sur-Rance, il faut suivre le balisage côté ouest. Toute la zone Est (Ville Gers et Bas Champs) échoue. Devant le port de Plouër, il y a une zone de mouillage avec quelques bouées d’attente. On peut également accoster le long de la cale en prenant garde à la marée descendante. Si vous restez dans ce mouillage, à partir du port vous pouvez prendre le sentier du littoral qui vous offrira de belles vues sur la Rance. Le village sur les hauteurs s’est construit autour de l’Eglise dont quatre éléments sont classés monuments historiques. Plusieurs manoirs, malouinières et petits châteaux se cachent dans les frondaisons (moulin de Rochefort, manoir de la Rigourdaine).

 

De Mordreuc au Lyvet
Devant le village de Mordreuc, une cinquantaine de bateaux sont au mouillage sur bouée et ont une place à l’année. Les bateaux de passage peuvent soit mouiller sur ancre soit utiliser l’une des 2 bouées visiteurs. Il faut savoir que Mordreuc était avec les Bas Champs le haut lieu des gabares. Ces lourdes embarcations étaient destinées au transport des marchandises surtout du bois. Elles étaient chargées à marée basse et profitaient des courants montants et descendants pour naviguer. Juste en face, on est surpris par la silhouette d’un château à l’allure médiévale : le château de Péhou. Sur la cale de Mordreuc, l’attraction est la présence d’un phoque qui y a élu domicile et qui joue la vedette. A partir de Mordreuc, le chenal en amont qui remonte vers l’écluse du Chatelier, est étroit. Il est impératif de suivre le balisage et de prendre les courbes en extérieur. A cause de l’envasement de la Rance, il est conseillé de faire cette partie à marée montante, pour éviter de s’échouer dans la vase molle. Pour écarter tout risque de s’échouer, il n’est pas conseillé aux bateaux ayant un tirant d’eau de plus de 1,60 m de s’aventurer au-delà de Mordreuc. Avant d’arriver à l’écluse du Chatelier, vous pourrez admirer les derniers carrelets ; ce sont de petites cabanes sur pilotis avec de grandes perches en bois qui servent à tendre un filet de 3 m sur 3 à plat pour attraper le poisson. Malheureusement, beaucoup sont en mauvais état faute d’entretien. L’écluse du Chatelier ouvre ses portes entre 7 h et 21 h l’été et de 8 h à 19 h l’hiver à condition que la hauteur d’eau en Rance soit suffisante. Pour éviter d’attendre l’ouverture du sas devant l’écluse et la rotation du pont routier, on peut toujours téléphoner à l’éclusier (02 96 39 55 66), pour lui demander l’heure d’éclusage. On peut également se mettre en attente à l’entrée, le long du mur du sas côté gauche. A la sortie de l’écluse du Chatelier, sur la rive est se situe le port du Lyvet et sur la rive ouest, le mouillage de Saint-Samson. Le port de Lyvet dispose de pontons pouvant accueillir 254 bateaux dont 25 pour ceux de passage de moins de 15 m. Le ponton C est réservé aux visiteurs. Le petit village du Lyvet est très agréable mais, à l’exception d’un restaurant sur le port, il n’y a pas de commerces. Le restaurant Le Lyvet Gourmand propose un menu élaboré à partir de produits frais avec un bon rapport qualité-prix.

 

Direction Dinan
Du Lyvet à Dinan le niveau d’eau reste constant sur cette portion de Rance. Mais, la hauteur d’eau ne permet pas aux bateaux calant plus de 1,40 m de s’y aventurer. Si votre bateau cale plus vous pouvez le laisser au port du Lyvet et rejoindre Dinan à pieds par le chemin de halage c’est une promenade très agréable. Vous profiterez du calme tout en observant les oiseaux. En continuant votre navigation, vous arriverez à Dinan qui est le dernier port avant de pénétrer dans le canal d’Ille et Rance. Pour emprunter ce dernier, il faut démâter. Dans le port de Dinan, les bateaux s’amarrent soit à couple parallèlement au quai qui longe la route soit sur des catways. Sur les 100 places de port, 30 sont réservées aux visiteurs. Pour rejoindre la ville « haute », prenez la rue qui part en face du pont de pierre constitué maintenant de deux arches dont le style gothique a été préservé : le Jerzual. Vous entrez de plein pied dans l’histoire de la citadelle qui va se dérouler tout au long de votre montée vers le centre historique. En effet, Dinan, ville de caractère, est dotée d’un patrimoine architectural riche qui en fait une des plus belles villes de Bretagne nord. Pour apprécier pleinement la découverte de cette ville médiévale qui offre une multitude d’édifices très variés à visiter (les remparts, les maisons à colombages, les églises, les hôtels particuliers, le château…) imprégnez-vous de son histoire. Sur la promenade le long du port, on trouve de nombreuses boutiques, bars et restaurants. Il n’y a pas de commerces de bouche seulement une pâtisserie, pour en trouver, il faut monter dans le vieux Dinan.
 


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