Nouveau défi pour VDH : le Golden Globe 2018

Dimanche 14 février 2016 à 07h18

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Avec cinq tours du monde en solitaire à son actif, Jean-Luc Van Den Heede ne pouvait qu’être séduit par la réédition de la mythique Golden Globe. Le marin de 70 ans s’engage dans l’aventure d’une course à l’ancienne, sans escale, ni assistance, 40 ans après l’organisation de la première édition. Interview.


Le pont du Rustler 56 - Crédit VDH

Nautisme.com. Vous souvenez-vous du premier Golden Globe ?

Jean-Luc Van Den Heede. J’en garde un souvenir très précis. J’avais 23 ans, j’étais étudiant à Paris et je faisais déjà beaucoup de bateau. J’avais un Cap Horn à l’époque, un petit voilier de 6,50 m. Je suivais la course avec beaucoup d’intérêt même si les nouvelles étaient rares. Il n’y avait pas de réseaux sociaux ni de cartographie en temps réel. On apprenait que Robin Knox-Johnston, le futur vainqueur, avait été aperçu au large de la Nouvelle-Zélande. Bernard Moitessier envoyait ses textes et ses pellicules de photos avec un lance-pierre sur le pont d’un cargo. C’est de cette façon que la France entière a appris qu’il poursuivait sa route vers la Polynésie, renonçant à terminer la course.

NC. Vous avez participé à deux Vendée Globe et détenez le record du monde en solitaire contre les vents et courants dominants, qu’est-ce qui vous a incité à vous aligner dans le Golden Globe 2018 ?

VDH. Je trouve l’idée géniale car nous allons courir dans le même esprit pionnier qu’il y a 40 ans. Nous serons sur des voiliers de série de 11 m, pour ma part un Rustler 36 que je viens d’acquérir. Nous n’aurons pas droit à l’électronique, ni à l’ordinateur, ni aux fichiers météo, ni au GPS, ni au pilote automatique. Nous aurons seulement un compas et un sextant et naviguerons à l’estime. Pour les communications, nous utiliserons la radio et la BLU. Seule concession à la modernité, un téléphone satellite pour appeler une fois par semaine la direction de la course et une balise de tracking afin que le grand public puisse nous suivre sur internet.

NC. En fait, vous renouez avec les conditions de vos premières navigations ?

VDH. J’ai effectué avec ce peu de moyens ma première mini-transat en 1977. Ce sera même plus difficile, car à l’époque, il y avait un service de radio. En 2018, nous ne pourrons communiquer qu’avec des radios-amateurs et bien sûr entre nous, les concurrents.

NC. Est-ce aussi un retour à un état d’esprit plus solidaire entre les marins ?

VDH. Certainement. Aujourd’hui, les concurrents d’une course autour du monde ne communiquent pas entre eux même s’ils naviguent parfois à vue. Avant, il y avait une entraide entre nous et à l’arrivée, on restait soudés, on avait appris à se connaître durant la course.

NC. Robin Knox-Johnston avait mis 313 jours pour boucler son tour du monde. Combien de temps estimez-vous mettre ?


VDH. La direction de la course table sur 300 jours mais j’espère bien parvenir à descendre à 250 jours. Soit 8 mois en mer, ce qui n’est pas rien. Mais si je m’y engage, c’est pour la gagner cette course !

NC. À quoi vont ressembler vos journées à bord ?


VDH. Je ne crois pas que j’aurais le temps de m’ennuyer. Le bateau est assez exigeant et comme nous allons naviguer à l’estime, il faudra régler les voiles très finement pour ajuster au mieux la vitesse. Ensuite, les voiliers s’abîment sur de tels parcours. Il y aura toujours du bricolage et de l’entretien à faire. Sans compter les communications par radio qui prennent du temps.

NC. Depuis que vous avez annoncé votre inscription dans ce Golden Globe, vous avez reçu de nombreux messages de soutien du grand public. Comment l’expliquez-vous ?


VDH. Je pense que les gens saluent le retour à l’aventure authentique vécue par un marin, sur un bateau de série, qui se débrouille avec la nature. Le grand débat qui agite actuellement la course au large sur l’utilité des foils ne les intéresse pas. Ils veulent du rêve et nous allons leur en donner.


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