AG2R - LA MONDIALE, dans l'oeil du Directeur de course

Dimanche 3 avril 2016 à 01h48

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Le coup d'envoi de La Transat AG2R LA MONDIALE sera donné ce dimanche 3 avril à Concarneau. Pour cette occasion, Gilles Chiorri, directeur de course et navigateur de haut niveau, nous raconte avec passion les merveilles que les skippers auront la chance de découvrir durant leur périple, de Concarneau à Saint-Barthélémy.


Crédit : CRTB / Nicolas JOB

La Transat AG2R LA MONDIALE n'est pas seulement une compétition ou une traversée... C'est une vraie aventure, une découverte de l'océan et de soi-même. L'aventure commence à Concarneau avec un cap plein sud. Dès le début, les navigateurs en prennent plein la vue : des forêts, la beauté de Beg Meil et bien sûr, la sublime ville close de Concarneau. Ils font ensuite route vers l'archipel des Glénans. "On se croirait déjà aux Caraïbes tant l'eau est clair, turquoise" raconte Gilles.

La flotte continue puis atteint le Golfe de Gascogne, tant redouté. C'est une zone de navigation assez difficile mais c'est ce qui donne toute "l'odeur iodée" de cet transat s'amuse Gilles. Puis enfin, arrivé sur la côte espagnole et son relief : on découvre alors des grandes falaises et des grands espaces verts. On comprend alors qu'il y a la Cornouailles anglaise, la Cornouaille française et puis cette côte très découpée, qui a beaucoup de points communs avec elles. On longe des lieux de pêches, avec des ports nombreux petits et grands. C'est un endroit particulier pour Gilles : "ici, les navigateurs quitteraient bien la course pour la croisière !" tellement les paysages sont impressionnants. Puis la flotte continue sa route en Atlantique le long des côtes portugaises, vers Porto, Lisbonne au loin et descente vers cap Saint-Vincent, le "carrefour" de la course, entre Méditerranée et Atlantique.

Cap sur l'horizon infini de l'océan

A partir de ce point, le mode de navigation devient différent : les effluves de l'alizé commencent à se faire ressentir. Même si les températures ne sont pas encore tropicales, elles augmentent. "Depuis les Glénans, les températures augmentent environ de 1 ou 2 degrés chaque 24h. C'est assez agréable à vivre ! On met le chapeau et la crème solaire" raconte le directeur de course. Apparaissent enfin les premières îles : Madère et Porto Santo. Malheureusement, pas le temps pour s'arrêter... la flotte longe ensuite les Îles Selvagens, entre Madère et les Canaries : un endroit totalement isolé, aux fonds sous-marins sublimes.

Le point de passage imposé se situe au nord de La Palma, île la plus occidentale de l'archipel des Canaries. Mais cette année, petite particularité : on laisse aux skippers le loisir de naviguer soit en passant le long des côtes africaines (le long du Maroc et de la Mauritanie) pour aller chercher un alizé chaud et soutenu, ou inversement, essayer de tendre au plus court en passant tout près de La Palma pour ensuite prendre plein ouest. En fait, le parcours de l'AG2R La Mondiale se divise en deux segments : une route plein sud de Concarneau aux îles Canaries, et une route plein ouest des Canaries jusqu'à Saint-Barthélémy.

Un autre espace-temps

La longue traversée de l'Atlantique commence (environ 2 600 miles) : une douzaine de jours, c'est très long. C'est à ce moment qu'une autre dimension géniale s'impose : un autre espace-temps en mer, différent de notre vie de terrien. Plus de contraines de la vie quotidienne : "on est dans un rythme totalement différent et personnel. L'horloge biologique est très différente de ce que l'on peut vivre à terre. Et ce qui est bien est que l'on a du temps pour mettre en place cette horloge car 21 jours de mer, c'est long. Cela permet de découvrir un autre espace-temps, et un espace géographique également, qui est assez immuable. Le navigateur du 21ème siècle vit et voit sensiblement les mêmes choses que Christophe Colomb avec ses caravelles : mêmes couchers de soleil, mêmes nuages, mêmes étoiles... rien ne diffère, hormis les nouvelles technologies utilisées pour naviguer. Cela donne une dimension sublime à cette course. Beaucoup d'amateurs décident de faire cette traversée, non pas en compétition mais en croisière, pour vivre dans cet espace-temps, si différent" raconte avec passion l'ex-skipper devenu directeur de course.

En plus de ce sentiment, il y a une notion de vertige : chaque jour, le navigateur reporte sa position sur la carte et se rend compte que son voilier n'avance pas très vite, malgré l'impression que l'on peut avoir. Une transat en Figaro Bénéteau II, cela demande du temps... "Une échelle totalement différente" conclut Gilles.

L'arrivée est proche


Petit à petit, la chaleur augmente... On se rapproche, un compte à rebours se met en place. Les navigateurs commencent à voir des oiseaux qui pêchent au large, des pêcheurs et on peut capter des odeurs, avant même de voir la côte. "Les sens sont décuplés car les navigateurs ne sont plus pollués par les odeurs du quotidien. Et puis d'un coup, la couleur de l'eau change, les nuages, les poissons... " Puis, enfin, on aperçoit les premiers cocotiers, les premières lumières si l'arrivée se fait de nuit.
Le parcours fait quasiment le tour de l'île. L'occasion d'admirer les splendides plages de Saint-Barthélémy et d'avoir un premier contact avec l'homme car les bateaux naviguent très proches de la côte. Depuis 2 semaines, les navigateurs n'ont pas vu la terre et n'avaient que pour seule compagnie leur acolyte et l'immensité bleue de l'océan. Quel bonheur d'être enfin à destination ! La ligne d'arrivée se trouve à l'entrée du port de Gustavia.
Après la course, fête et repos au programme, au coeur de cet endroit idyllique. Le repos du guerrier, bien mérité !

Pour conclure ce récit de course et d'évasion, Gilles Chiorri partage avec nous un des meilleurs moments de cette traversée : "il y a des moments géniaux. Au milieu de l'océan, les navigateurs sont en dehors de toute pollution lumineuse. Du coup, on peut voir des étoiles filantes, les constellations, les planètes... Le ciel a une profondeur incroyable." Un vrai privilège pour tous ces coureurs.

Merci à Gilles Chiorri, directeur de course de la Transat AG2R LA MONDIALE, pour ce récit d'aventures et d'évasion.



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