À la découverte de trésors engloutis avec l’Institut d’Archéologie Sous-Marine

Jeudi 12 mai 2016 à 06h06

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Après six mois à l’Institut du Monde Arabe, l’exposition « Osiris, mystères engloutis d’Égypte » déménage au British Museum de Londres. L’occasion de découvrir l’Institut d’Archéologie Sous-Marine, à l’initiative de cette exposition, avec son fondateur, Franck Goddio.


A diver frees jars from sediments with the help of a water dredge on the wreck of the Santa Cruz junk. ©Franck Goddio/Hilti Foundation, photo: Christoph Gerigk

Quelle est la vocation de l’IEASM ?

L’IEASM, que j’ai fondé en 1987, est une institution qui se consacre entièrement à l’archéologie sous-marine et à la recherche de sites archéologiques d’importance, mais également à la pérennisation des découvertes par la publication de livres et d’articles scientifiques et grand public, la présentation de films, et l’organisation d’expositions qui présentent le résultat des fouilles. Pour chaque projet, qui passe par des études de documents et d’archives, de la prospection géophysique, des fouilles, de la restauration et la conservation, nous travaillons en collaboration avec les autorités du pays concerné ainsi qu’avec de grands spécialistes de chaque domaine.

Quelles sont les principales découvertes de l’IEASM ?

En Égypte, on a retrouvé et fouillé trois sites immenses après plusieurs années de recherches en documentation et de prospection géophysique en collaboration avec le Ministère des antiquités d’Égypte : le Portus Magnus d’Alexandrie, où l’on a débuté les fouilles en 1996, mais également Canope (1999) et Thônis-Héracléion (2001), en baie d’Aboukir. Dans la baie d’Alexandrie, on a réussi à cartographier le grand port antique de la cité et ses abords aux époques ptolémaïque et romaine. On y a retrouvé des objets très importants, notamment sur l’île royale où Cléopâtre VII avait un palais, ainsi que des statues étonnantes, dont une d’un prêtre qui tient Osiris, ou de la tête de Césarion, en granit noir. On a également étudié l’ancienne région canopique, désormais submergée. On a retrouvé de nombreuses statues, des objets rituels et une stèle à Thônis-Héracléion, qui était le grand port d’entrée en Égypte avant l’arrivée d’Alexandre le Grand dans le pays. À Canope, on a découvert un fragment du Naos des décades, qui est le premier calendrier astrologique du monde, ou encore une statue de la Reine Arsinoé surgissant de l’eau, qui compte parmi les plus belles statues du monde.

Et aux Philippines ?

On coordonne des recherches et des fouilles d’épaves, en collaboration avec le Musée National, qui nous permettent d’illustrer l’histoire du pays, qui est intimement liée à celle de la navigation. Depuis que le projet a été lancé en 1985, on a découvert et fouillé sept jonques et bateaux d’Asie du Sud-Est datant du XIe au XVIe siècles, trois galions espagnols, le San Diego, le Nuestra Señora de la Vida et le San José, ainsi que deux navires de la Compagnie Anglaise des Indes, le Griffin et le Royal Captain.

Vous parliez d’expositions. Quelles sont les principales ?

On monte non seulement des expositions temporaires mais également des expositions permanentes. On essaie aussi d’aider à la constitution de musées dans le domaine de l’archéologie sous-marine dans les pays où on fait des fouilles, mais également dans d’autres pays. Chaque grande découverte donne lieu à une exposition, telle que celle de 1994, « On a retrouvé le trésor du San Diego » à la Grande Halle de la Villette, qui a ensuite tourné en Espagne, à New York et à Berlin, ou encore « L’or blanc » en Allemagne, sur la porcelaine retrouvée dans les jonques chinoises, et « Les trésors engloutis d’Égypte », qui a investi la grande nef du Grand Palais en 2005 avant de partir à Berlin, Bonn, Madrid, Turin et Tokyo. On a également fait une exposition aux États-Unis avec le National Geographic qui s’appelait « À la recherche de Cléopâtre ».

La dernière en date, « Osiris, mystères engloutis d’Égypte, déménage à Londres…

Cette exposition, qui était à l’Institut du Monde Arabe depuis septembre 2015, s’est ouverte au British Museum le 19 mai, où elle restera un peu plus de six mois sous le nom de « Sunken cities ». Elle met en lumière les découvertes issues des fouilles sous-marines réalisée dans la baie d’Aboukir. On peut notamment y découvrir les vestiges des temples d’Héracléion et de Canope, où se rencontraient les civilisations grecque et égyptienne, ainsi que de nombreux objets. On retrouve d’ailleurs une influence grecque dans la culture, l’art et les religions.


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