Groix, au bonheur des promeneurs

Mercredi 25 mai 2016 à 13h00

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À quarante-cinq minutes de bateau de Lorient, «l'île aux grenats» offre à ses amoureux 30 kilomètres de sentiers côtiers, bien loin des fastes artificiels d'autres littoraux.


Vue aérienne à la tombée de la nuit de l'île de Groix @CRTB / Nicolas JOB

Le transbordeur Ile de Groix ressemble à un colossal fer à repasser de 770 tonnes, long de 46 m, large de 12, au ventre rempli de voitures, avec un pont pour 450 passagers, une passerelle coiffée de radars, deux cheminées en ailerons. Coup de sirène au départ de Lorient, cap sur Port-Tudy. Traversée 45 min, vitesse maximale 12,5 noeuds, juste un peu trop de houle pour le terrien ; le navire tangue, ses oriflammes claquent roidement en stricte horizontale, des fragments de tissu ont été arrachés en leurs extrémités, comme happés par des mâchoires de vent. C'est dire ! Voici Groix, avec sa rade miniature de Port-Tudy, brun varech aux eaux tranquilles. Jouxtant les bassins, des bâtisses : boutiques, capitainerie, bars. On peut monter à l'assaut de ce plateau de 8 km de long sur 3 de large où surgissent à chaque instant des panoramas de mer. Rien n'est rectiligne dans ces landes arborées, de terre et de schiste, au point que lorsque vous demandez votre chemin, l'îlien vous recommande d'un geste vague d'aller tout droit, sauf à entrer dans les détails du type : suivez les trois courbes, prenez à droite au croisement du chemin, passez par le lavoir, la boulangerie, le calvaire, le dolmen, etc. Surprise : toutes ces étapes sont concentrées sur moins de 150 m. Vous ne mourrez pas de soif dans semblable désert. Commençons : après avoir quitté le port, être entré dans le Bourg, avoir longé le Cinéma des Familles au fronton arrondi des années 1930, s'ouvre un monde éloigné des fastes artificiels. On y circule à pied ou à bicyclette, et si vous voulez tout voir à l'allure d'un météore, vous louez une voiture. Ils sont 2 353 à l'année dans l'île. Multipliez la population au moins par trois en été, et vous saisirez l'attitude à la fois accueillante et réservée des autochtones. Ils aiment leur terre à la folie et vous l'offrent sans exubérance comme sans froideur. Combien de temps passer à Groix ? Compte tenu de l'excellence des crêpes et de la fraîcheur des poissons, une journée serait dramatiquement trop courte. Trois ou quatre sont un bonheur. Au-delà, vous vous prenez à rêver à l'achat d'une maison. En attendant, à vos biclous et pataugas : 30 km de sentiers côtiers, 50 de chemins intérieurs, pour aller de Port-Lay, qui vit les beaux jours de la conservation de thons et de sardines, au panorama surplombant de Quelhuit, d'où l'on contemple le continent, à Pen Men, côte rocheuse et refuge des oiseaux marins, au Trou de l'enfer engouffré dans la mer dont la légende dit... Mais allez-y, et tâchez surtout d'en revenir. Il y a les Grands Sables, plage convexe, blanche, et vagabonde, dont la particularité est de se déplacer au fil des saisons : 160 m en deux ans. Et puis les Sables rouges, car Groix est «l'île aux grenats» ; Locmaria avec ses lavoirs et ses fontaines ; la Pointe des chats miroitant au soleil: micaschiste, glaucophanes, grenats. Frédéric Le Cornoux, de l'association Bretagne vivante, veille à la préservation du site: «Groix, explique-t-il, nous est venue en pente douce des profondeurs de l'hémisphère Sud, il y a des millions d'années.» Au fait, voulez-vous des nouvelles du jour ? Bagarre de chiffonniers entre piafs! À Pen Men, un faucon pèlerin s'est trop approché du nid d'un fulmar boréal, lequel lui a sauvagement glavioté dessus. C'est ainsi : dès que le fulmar se sent en danger, il crache une substance gluante et pestilentielle. «Ful-mar» signifie «puante mouette» en vieux nordique. Et gare à l'intrus, qui peut en mourir, faute de débarrasser son plumage de l'horrible matière... «Qui voit Groix voit sa croix», affirme un proverbe marin. «Qui voit Groix voit sa joie», a plus doucement rapporté Chateaubriand dans ses Mémoires d'outre-tombe. Nous voici donc prévenus. On peut y aller avec bonheur. «L'île où tu es né, c'est là que tu dois vivre. On peut t'obliger à partir, il faudra que tu reviennes», de Henri Queffélec. Infos pratiques : Si vous êtes à la recherche d'un restaurant pour dîner et d'un hôtel pour passer la nuit, pourquoi ne pas réunir les deux ? Le Ty-Mad, sur les quais du Port-Tudy, est une ancienne maison de maître très bien entretenue, proposant 25 chambres, et un restaurant de 40 couverts. Comptez environ 140€ pour une nuit en haute saison en chambre standard et 212€ pour une chambre premium (prix pour deux personnes.) Pour vous restaurer, profitez de l'excellente cuisine océane dans la grande salle à manger de la maison. Pour plus d'informations, rendez-vous sur le site www.tymad.com. A lire aussi : A la découverte de l’archipel de Chausey Trois idées de week-end en Bretagne


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