Les belles répliques historiques au cœur des Fêtes Maritimes de Brest

Lundi 11 juillet 2016 à 06h48

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Les bateaux classés répliques historiques mobilisent bien souvent de véritables passionnés d’histoire et de patrimoine maritime qui se lancent dans des projets parfois démesurés : reconstituer un type de bateau d’antan, ou un prestigieux voilier, à l’image de L’Hermione, la frégate star des fêtes. Certains, comme elle, sont encore jeunes, mais ont un vécu historique exceptionnel : présentation.


Le Renard

Plusieurs répliques de bateaux célèbres seront présents durant les Fêtes Maritimes Internationales de Brest. 

Le Shtandart reproduit presque à l’identique le navire amiral de la flotte de guerre du Tsar Pierre Le Grand, qui portait à ce bateau une attention toute particulière. Bien souvent, la reconstitution de ces bateaux nécessite une solide recherche de plans, de détails historiques dans les archives de nombreux pays : au sein des nombreuses associations qui ont à cœur de faire revivre ces bateaux d’antan, des historiens, des charpentiers, et de nombreux bénévoles contribuent à construire des répliques fidèles dans les moindres détails... Exception faite des moteurs et de tous les équipements de rigueur pour une navigation confortable dans l’air du temps !
Parmi les répliques historiques présentes pendant les fêtes : L’Hermione, Shtandart, Stad Amsterdam, Nao Victoria, La Recouvrance, Le Renard, Étoile du Roy et La Granvillaise.

L’Hermione, la frégate de la liberté
Son escale à Brest l’été dernier fut un véritable triomphe, un avant-goût exceptionnel de Brest 2016 qui a regroupé des milliers de visiteurs sur le quai d’honneur : le retour de cette reconstitution de la frégate qui, en 1780, permit à La Fayette de rejoindre les insurgés américains en lutte pour leur indépendance est un grand moment des fêtes ! Le 18 avril 2015, son commandant Yann Cariou et ses hommes d’équipage ont mis le cap sur les Amériques au départ de Rochefort. Un voyage inaugural long de 4 mois, durant lesquels L’Hermione a essuyé coups de vents, grains et même quelques tempêtes lors de son retour. Une incroyable aventure humaine ponctuée par 16 escales triomphales de part et d’autre de l’Atlantique. C’est l’heure de son grand retour en terres brestoises, et toute l’équipe de Brest 2016 l’attend de pied ferme pour récupérer une nouvelle Toile de Mer, une tradition des Fêtes Maritimes qui compte plus de 1 200 toiles au nom de chaque bateau et de ses équipages.
Retrouvez toutes les informations et les anecdotes sur la construction de L’Hermione sur le stand de l’association Hermione-La Fayette à l’occasion des Fêtes Maritimes Internationales de Brest 2016 du 13 au 19 juillet prochain et sur les site internet : www.hermione.com
CARACTÉRISTIQUES :
Port d’attache : Rochefort
17 ans de chantier
Longueur : 65 m
Hauteur : 47 m
Voilure : 2 200 m2
28 canons


Shtandart, l’étendard russe

Le Shtandart, littéralement « étendard » en russe, est la réplique du navire amiral du tsar Pierre Le Grand, une frégate trois-mâts carré russe du XVIIIe siècle. Si les plans élaborés par ce tsar conquérant ont été perdus depuis belle lurette, l’historien Viktor Krainyukov a fait un long travail de recherches pour recouper toutes les archives et témoignages à disposition : après 5 ans de construction, de 1994 à 1999, son propriétaire, l’association du Shtandart Project de Saint-Pétersbourg, a pu admirer la frégate qui passionna ce lointain ancêtre ! Reconstruite à l’identique à l’extérieur, elle a tout de même dû subir quelques modifications intérieures : là où se trouvait jadis la cale qui contenait les tonneaux d’eau, les provisions, les boulets et la poudre, se tient tout un équipement moderne nécessaire au confort des jeunes russes qui montent à bord de ce navire-école et véritable musée. Du haut de ses 28 canons, le Shtandart doit son nom à l’ouverture d’une nouvelle voie commerciale : en 1703, Pierre 1er changea son étendard en ajoutant une quatrième mer sur la carte – la mer Baltique. C’est en l’honneur du nouvel étendard que le premier vaisseau de la flotte Baltique a reçu le nom Shtandart.
CARACTÉRISTIQUES :
Construction : 1999
Port d’attache : Saint‑Pétersbourg
Longueur : 34,50 m
Tirant d’eau : 3,30 m
Voilure : 660 m
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Stad Amsterdam, la passion d’Amsterdam
Ce trois-mâts carré à coque métallique a été construit à Amsterdam, d’où il tire d’ailleurs son nom, littéralement « Ville d’Amsterdam », dont il constitue désormais l’un des emblèmes du patrimoine maritime. Malgré ses allures de frégate historique, c’est un monument moderne, le plus jeune de la flotte dans cette catégorie, pensé dans la lignée des véloces clippers des années 1850- 1860 par l’architecte Gerard Dijkstra, qui s’est inspiré de toutes les données historiques de la frégate Amsterdam, le tout premier clipper construit dans la ville. C’est l’alliance de deux énergies, la Ville et le groupe Randstad, qui a permis de mener au bout ce projet d’envergure en mobilisant des personnes en réorientation et des jeunes ayant terminé leurs études secondaires sur un gigantesque chantier collaboratif. Conçu pour la vitesse, le Stad Amsterdam participe aux compétitions de l’International Sail Training Association : malgré sa taille et son poids imposants, le trois-mâts parvient à naviguer à une moyenne de 15 nœuds.
CARACTÉRISTIQUES :
Construction : 2000
Port d’attache :
Amsterdam
Longueur : 76 m
Largeur : 10,50 m
Tirant d’eau : 4,80 m
Voilure : 2200 m
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Nao Victoria, le premier tour du monde à la voile
Nao Victoria est la réplique fidèle de la seule caraque de l’expédition de Fernand de Magellan à être revenue en Espagne au terme du tout premier tour du monde de l’histoire de l’humanité ! Le 8 septembre 1522, seuls 18 hommes sur une expédition qui en comptait 255 reviennent en Espagne, épuisés après trois ans de périple, bouclant la première circumnavigation de l’Histoire… Sans Fernand de Magellan, décédé au cours de son immense voyage pour découvrir la route occidentale vers les îles aux épices. Réalisée à Séville pour l’exposition universelle de 1992, cette reconstitution à l’identique a nécessité 8 ans de travaux, mais le jeu en valait la chandelle : cinq siècles après son ancêtre, elle boucle un nouveau record, devenant la première réplique historique à faire le tour du monde, de 2004 à 2006. Depuis, elle fait régulièrement escale dans les ports en fête, pour le plaisir des petits et des grands.
CARACTÉRISTIQUES:
Mise à l’eau : 1992
Port d’attache : Séville
Longueur : 26 m
Largeur : 6,70 m
Tirant d’eau : 3,30 m
Voilure : 290 m
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La Recouvrance, symbole de toute une ville
C’était il y a 24 ans déjà ! Pour la première édition des Fêtes Maritimes de Brest 1992, La Recouvrance est lancée : c’est la naissance du symbolede toute une ville, Brest, et du Chantier du Guip, qui fait lui aussi la fierté des Brestois. Car toute la ville s’est investie dans sa construction ! Cette reconstitution d’une goélette de 1817, un aviso dont les missions étaient naguère la transmission des plis ou avis urgents, a été construite de toutes pièces par le chantier, dans le cadre du concours lancé par la revue Chasse-Marée, « Bateaux des côtes de France ». Véritable ambassadrice de l’esprit des Fêtes Maritimes de Brest, la belle parade fièrement en portant le nom du plus célèbre des quartiers brestois, où les femmes de marins priaient Notre Dame pour retrouver leurs fils ou maris partis en mer. Cette goélette à huniers vêtue de noir, de vert et d’or surprend par sa puissance et sa rapidité : elle se consacre aujourd’hui entièrement à la plaisance, laissant aux matelots le privilège de hisser les voiles, pendant que son équipage s’occupe du délicat travail dans la mâture, en particulier aux huniers qui sont l’une de ses caractéristiques principales.
CARACTÉRISTIQUES :
Construction : 1991
Port d’attache : Brest
Longueur : 41,60 m
Largeur : 6,40 m
Tirant d’eau : 3,20 m
Voilure : 430 m
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Le Renard, un voilier de légende
Ce cotre à huniers est la réplique fidèle du dernier bateau armé par le corsaire malouin, Robert Surcouf, conçu aussi bien pour la mémoire collective que pour le panache. Le Renard, présent à Brest dès la première édition des Fêtes Maritimes Internationales en 92, a été reconstruit par des passionnés en souvenir des exploits du corsaire le plus célèbre de Saint-Malo. Le navire d’origine fut lancé en 1813 et se distingua dans un combat légendaire contre une goélette anglaise. Deux siècles plus tard, cette réplique est élaborée selon les plans d’époque. Seules la mâture et la voilure ont été un peu réduites, car au temps de Surcouf, les cotres corsaires, contrebandiers et douaniers, portaient des surfaces de toile extrêmes. Emblème de l’histoire de la ville de Saint-Malo, Le Renard participe à de nombreuses manifestations nautiques internationales. Il peut également être affrété par des groupes et joue un rôle éducatif en accueillant à bord les enfants des écoles de la région, leur permettant d’être sensibilisés aux valeurs du patrimoine maritime.
CARACTÉRISTIQUES :
Construction : 1991
Port d’attache : Saint‑Malo
Longueur : 30 m
Largeur : 6 m
Tirant d’eau : 2,80 m
Voilure : 450 m
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Étoile du Roy, frégate de la cité corsaire
Construit en 1996 en Turquie pour les besoins d’un film, l’Etoile du Roy est l’un des plus grands bateaux traditionnels français et le navire amiral de la flotte de l’armateur Etoile Marine Croisières. Il faut remonter au XVIIIe siècle pour découvrir l’histoire de son ancêtre, une frégate malouine armée de 20 canons, qui pouvait embarquer 240 hommes d’équipage. En temps de guerre, l’Amiral de France délivrait une lettre de marque à son capitaine pour partir à la course, l’autorisant à attaquer les bâtiments ennemis du roy.
CARACTÉRISTIQUES :
Construction : 1996
Port d’attache : Saint-Malo
Longueur : 46 m
Largeur : 10 m
Tirant d’eau : 3 m
Voilure : 790 m²


La Granvillaise, typique de la baie du Mont Saint-Michel
Il faut revenir dans l’histoire maritime du Mont Saint-Michel pour comprendre tous les atouts de la Granvillaise, réplique exacte d’une bisquine, ce bateau de travail du XIXe siècle, réputé pour sa stabilité et sa puissance sous voile. Ces bateaux caractéristiques de la région pratiquaient le dragage des huîtres et la pêche au chalut dans la célèbre baie, les plus grands d’entre eux étant réservés à la pêche à la ligne. Disparue mais reconstruite par des passionnés de Granville, la bisquine est aussi le plus toilé des gréements de son genre : la Granvillaise ne fait pas exception ! Le projet de reconstitution de ce bateau traditionnel a commencé au chantier naval de Granville dès 1988. En 1990, c’est la mise à l’eau : depuis, la Granvillaise participe à de nombreuses régates sur la côte atlantique française sous l’égide d’Esprit Grand Large, et participe aux festivals maritimes pour présenter les métiers traditionnels de la navigation.
CARACTÉRISTIQUES :
Construction : 1990
Port d’attache :
Granville
Longueur: 32,30 m
Largeur : 4,76 m
Tirant d’eau : 2,75 m
Voilure : 340 m



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