Des bateaux classés "Monuments historiques" sont présents à Brest

Jeudi 14 juillet 2016 à 06h57

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Proche du Chantier du Guip et de ses célèbres charpentiers, le bassin n° 1 du port de commerce de Brest est réservé aux bateaux classés « Monuments historiques » pendant toute la durée des Fêtes. Un hommage aux associations et aux Directions régionales des affaires culturelles (DRAC) qui oeuvrent depuis plus de trente ans pour sauver et conserver des bateaux chargés d’histoire, dans le même souci de sauvegarde du patrimoine que pour les édifices ou certains sites exceptionnels.


Pen Duick @Marcel Mochet

Depuis 1982, on compte 117 bateaux ainsi classés, bien souvent grâce à la volonté de passionnés. Sur le plan d’eau de l’espace « Monuments historiques », découvrez une cinquantaine de ces bateaux, dont le Pen Duick, nouveau venu dans cette flottille de caractère particulièrement variée. Car ce classement offre un véritable éventail de types de bateaux, par leurs fonctions, leurs tailles, leurs âges, à l’image de l’histoire de la navigation. Retrouvez également à terre quelques unités à restaurer, comme le Tarzan, une magnifique goélette construite pour la pêche de l’éponge à la voile en 1950 en Tunisie. Les « Monuments historiques » du bassin n°1 : les gabares Notre-Dame de Rumengol, l’Audiernais, la Fée de l’Aulne, les coquilliers de la rade de Brest Bergère de Domrémy,
Général Leclerc et Saint-Guénolé, le cotre pilote Marie-Fernand…

Pen Duick, un bateau de légende

Le premier bateau d’Eric Tabarly vient de rentrer dans la ronde des bateaux classés Monuments historiques : le Pen Duick, premier du nom, a été construit en 1898 par un chantier Irlandais, sur les plans de l’architecte écossais William Fife III. Il s’appelait originellement le Yum, puis Cora V, Butterfly, avant de prendre son nom actuel, Pen Duick, qui signifie « petite tête noire », nom donné par la famille Lebec à Nantes en référence à la mésange noire. Acquis par Guy Tabarly, père d’Eric Tabarly, en 1938, le Pen Duick accompagne le célèbre navigateur dans ses premiers pas marins : le bateau a pourtant bien failli servir à ravitailler les autorités en plomb à l'orée de la Seconde Guerre Mondiale ! Les Tabarly le sauveront du démantèlement en martelant que sa quille était en fonte. Le bateau, devenu trop dangereux pour la navigation par manque d’entretien, est racheté par Eric Tabarly, qui, pour le sauver des ravages du temps, n’hésite pas à se lancer dans une technique encore jamais vue auparavant pour un navire aussi gros : refaire une coque neuve en y appliquant sept couches de tissus de verre et de polyester sur l’ancienne coque.
Un véritable défi à l’époque, le premier d’une longue série pour le navigateur amoureux de ce bateau désormais mythique.
Caractéristiques :
Construction : 1898
Port d’attache : Lorient
Longueur : 15,10 m
Largeur : 2,93 m
Tirant d'eau : 2,20 m
Voilure : 160 m²


Le chantier du Guip prépare Brest 2016 : fêter et honorer les bateaux classés monuments historiques

À l’occasion des fêtes maritimes de Brest 2016, le Chantier du Guip souhaite honorer les bateaux classés « monuments historiques ». Une façon de rendre un hommage appuyé aux associations et aux DRAC (Directions régionales des Affaires culturelles) qui œuvrent depuis plus de 30 ans pour sauver et conserver des bateaux, dans le même souci de patrimoine que pour des édifices ou des sites. Depuis 1982, 140 bateaux sont protégés, parmi lesquels 117 ont été classés au titre des monuments historiques. Une belle vingtaine de ces unités sera rassemblée à Brest en juillet prochain.

Une vingtaine de bateaux classés rassemblés dans le bassin n° 1

Devant le Chantier du Guip, une partie du bassin n° 1 du port de commerce de Brest sera réservé pendant la durée des fêtes maritimes aux bateaux classés « monuments historiques » : les gabares Notre-Dame de Rumengol, l’Audiernais, la Fée de l’Aulne, les coquillers de la rade de Brest Bergère de Domrémy, Général Leclerc et Saint-Guénolé, le cotre pilote Marie-Fernand, notamment. Les charpentiers du Guip les connaissent bien, car beaucoup sont passés entre leurs mains. « Ce qui est important, c’est que la variété des bateaux présents ce jour-là illustre la vision ouverte qu’offre ce classement, tant dans les types de bateaux, leurs fonctions, leurs tailles, leurs âges : l’histoire maritime est une histoire longue et large », tient à rappeler Yann Mauffret.

Retracer l’histoire d’une restauration

Pendant Brest 2016, Le Guip ouvrira ses portes et présentera une exposition retraçant l’histoire de plusieurs restaurations, notamment celle du Patron François Morin, ancien canot tous temps de la SNSM. Un parcours didactique vivant avec photos, films et explications techniques, permettra aux visiteurs d’aborder les différents aspects, parfois complexes, d’une restauration de bateau traditionnel, mais aussi de découvrir l’histoire de la construction de La Recouvrance.

Quelques unités à restaurer seront exposées à terre, devant le chantier, en présence des associations porteuses des projets de restauration. On pourra y voir par exemple deux bateaux, que le hasard a voulu construits la même année dans des univers géographiques et culturels très différents : le Tarzan, magnifique goélette à gréement « mistic » (proche du gréement latin genre chébec), a été construit à Sfax (Tunisie) en 1950, pour la pêche de l’éponge à la voile. Cette année-là, Fleur de Mai, gabare destinée au transport du sable, était lancée au chantier Jacq de L’Hôpital-Camfrout. Tous deux seront restaurés au Guip.

Le chantier devrait également accueillir des tables rondes sur le thème de l’avenir des bateaux patrimoniaux avec des représentants des DRAC, des Monuments historiques, des collectivités propriétaires de bateaux classés, des associations comme An Test, Lenn Vor, Mab Ar Vor...

Deux mises à l’eau prévues dans la pure tradition des fêtes maritimes
Deux bateaux restaurés au chantier du Guip seront mis à l’eau pendant les fêtes maritimes.

Le 13 juillet, c’est l’Audiernais qui rejoindra son élément. Construite en 1936 à Audierne, cette gabare a servi durant des années au transport de matériaux, en particulier à destination de l'île de Sein. Elle a ensuite pêché la langouste avant de revenir au transport du sable, dans les Côtes-d'Armor, puis à celui de passagers à La Rochelle, avant d’être classée monument historique en 1988.

Le lendemain 14 juillet, ce sera au tour du Patron François Morin d’être mis à l’eau après une restauration complète. Construit au chantier Lemaistre à Fécamp en 1959 et mis en service en 1960, cet ancien bateau de la SNSM a fait une carrière de 35 ans à la station d’Ouessant, assurant 198 sorties de sauvetage et 250 transports sanitaires. Il est classé au titre des monuments historiques depuis 2010.


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