Tragique naufrage de La Méduse, il y a 200 ans...

Vendredi 5 août 2016 à 06h19

Le 2 juillet 1816, La Méduse sombrait au large des côtes de l'actuelle Mauritanie... L'occasion de revenir sur ce tragique événement, 200 ans plus tard.


Illustration de La Méduse, par Jean-Jérôme Baugean - Wikimedia

Jusqu'au 11 septembre prochain, le Musée de la Marine de Rochefort expose dans sa cour une réplique grandeur nature du radeau de La Méduse, sur lequel 150 hommes se sont entassés, après le naufrage de leur frégate, espérant pour leur survie. Radeau qui a inspiré le peintre français Théodore Géricault et qui fait du Radeau de La Méduse l'un des tableaux les plus célèbres du monde aujourd'hui.

La Méduse est construite au début des années 1800. Le 17 juin 1816, le navire est appareillé au large de Rochefort, sur l'île d'Aix. La France a récupéré ses comptoirs commerciaux au Sénégal et la frégate doit y acheminer des fonctionnaires et des militaires français, soit 392 personnes en tout. Mais le voyage ne va pas se dérouler comme prévu...

Aux commandes du navire : Hugues Duroy de Chaumareys, un noble n'ayant qu'une très lointaine expérience de la navigation. La flotte envoyée vers le Sénégal est composée de trois autres navires. N'écoutant que lui (et son orgueil), Hugues Duroy de Chaumareys n'attend pas les autres navires et les devance, La Méduse étant bien plus rapide, malgré les avertissements de son équipage. Grosse erreur : au large de la Mauritanie se trouve banc d’Arguin, un obstacle bien connu des navigateurs et qu'il faut contourner impérativement sous peine d'échouement. Ce que le commandant ne fit pas... La Méduse s'échoue sur le banc de sable le 2 juillet vers 15h, à une soixantaine de kilomètres des côtes.

Les tentatives de renflouement échouent et l'équipage décide alors de construire un radeau de 20 mètres sur 7, car la frégate ne possède pas assez de canots de sauvetage pour tout le monde. L'évacuation se met en route dans le désordre le plus total : une grande partie de l'équipage est ivre, y compris le capitaine. Au final, ce sont 6 canots qui quitte La Méduse. Ce sont donc 152 soldats et marins qui s'entassent sur le radeau. Les canots devaient alors les tracter jusqu'à la côte mais le radeau est bien trop lourd. L'idée est abandonnée et il ne reste plus pour ces 152 naufragés qu'à attendre que le reste de la flotte vienne les sauver.

Mais très vite, le radeau part à la dérive. Les hommes se battent, se jettent à l'eau et de nombreux actes de cannibalisme ont été rapportés par les 15 naufragés restant finalement secourus deux semaines plus tard. Seuls 5 d'entre eux survivront au voyage jusqu'à la côte.

Cette histoire provoqua une vive émotion en France et le capitaine Hugues Duroy de Chaumareys fut jugé 1 an plus tard. il est condamné à 3 ans de prison et est rayé de la liste des officiers de marine.

C'est entre 1818 et 1819, soit 1 an à peine après le procès, que Théodore Géricault réalise le tableau que l'on connait tous : Le Radeau de La Méduse, exposé aujourd'hui au Musée du Louvre.

Si l'histoire vous intéresse, la rédaction vous conseille le livre "Un rescapé de La Méduse : mémoires du capitaine Dupont, 1775-1850" (édition La Découvrance) : Daniel Dupont, un des survivants du radeau de La méduse, a rédigé ses mémoires à la fin de sa vie pour raconter cette histoire.



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