Nordlysid : à frôler les falaises

Samedi 10 septembre 2016 à 07h05

L'élégante coque bleue fait partie des « monuments » de Torshavn, la capitale des îles Féroé. Lancée par les chantiers navals de l'archipel en 1945, elle y a longtemps été armée à la pêche. Elle accueille désormais des passagers pour des croisières sur les îles voisines. Embarquement immédiat…


@S.Pierrefeu

Bruits de gouttes et clapots sonores. La lumière ricoche sur les parois de roche rouges, vertes, grises et blanches. Le beaupré du Nordlysid s'engage dans la faille et s'arrête à mi-coque. La grotte, à cet endroit, mesure plus de soixante-dix mètres de haut. Comme il reste un brin de houle, le capitaine Birgir Enni, ne poussera pas plus loin la goélette aujourd'hui. Mais lorsque le vent et la mer acceptent de faire la paix pour quelques heures, le marin féringien n'hésite pas à faire entrer le voilier entier sous l'arche de pierre. L'été, l'ancien scaphandrier qui a sauvé cette vieille coque de chêne avant d'en devenir le « patron » organise des concerts dans les grottes.

« Roc » and Roll estival

« Le son voyage sur près de trente mètres avant d'arriver à l'extérieur » s'émerveille Harvadur, le fils de Birgir, capitaine lui-même et associé à l'organisation de ces virées musicales. Depuis des années, les concerts estivaux se poursuivent et donnent lieu à l'enregistrement de disques. Le mieux est d'assister, en moufles et bonnet, un bol de soupe dans les mains, à ces « odes minérales » rares et poétiques sur lesquelles, parfois, tombe un brin de pluie.
Les jours sans spectacle, la coque aux voiles cachou contourne les îles alentour, à frôler les falaises. Sous la garde des phares, on longe des parois aux milles cavités, bruissantes de vie, jusqu'à des ports de poupées où l'on aborde le temps de déjeuner.

Soupe de poisson et morue fraîche


Pendant l'escale, certains se baignent – à grands cris, l'eau est glacée ! - d'autres explorent les quais auxquels sont amarrées les coques typiques des Féroé, « pointues des deux côtés », à la manière des barques de Méditerranée.
Le fumet de poisson envahit le pont. Birgir a acheté de la morue fraîche la veille, au retour de pêche. Elle en a vu passer des poissons, la goélette. Elle qui fut l'un des premiers voiliers féringiens équipé d'un moteur, en plus de sa propulsion principale : la voile. Jusqu'au début des années quatre-vingt elle a été armée à la pêche depuis son port de naissance, Torshavn. Puis elle a été délaissée, comme les autres grandes coques de bois, pour des chalutiers modernes, en acier, sans voiles.
Après quelques années de travaux et le réaménagement de ses cales en carré doté de couchages, elle a retrouvé ses mâts, sa barre franche, et la mer. À Torshavn, elle a fière allure au pied des façades colorées qui l’ont vu naître il y a plus de soixante-dix ans.


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