Cyclones : le plus grand danger n’est pas celui qu’on croit

Mardi 4 octobre 2016 à 12h06

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L’ouragan Matthew touche actuellement une partie des Caraïbes et continuera ensuite à remonter vers la côte est américaine. Les vents sont forts, mais avec les phénomènes cycloniques, les pires conséquences ne sont pas celles qu’on croit…


L'ouragan Matthew dans les Caraïbes. Crédit : NASA/NOAA

Ces derniers jours, l’ouragan Matthew est passé temporairement catégorie 5 (sur 5), avec des vents de 250 à 300 km/h, avant de redescendre en catégorie 4. Les vents, le long des côtes des Bahamas, peuvent encore atteindre les 200 km/h localement. De telles rafales peuvent évidemment créer d’importants dégâts sur les plages, et dans les premières terres, mais rarement au-delà. Car même dans le cas d’un ouragan qui toucherait de plein fouet une côte, le phénomène perd très rapidement de sa puissance dès lors qu’il rentre dans les terres (lorsqu’il s’agit d’un pays assez vaste avec un peu de relief, comme le Japon, les USA… Mais il perd moins de puissance s’il traverse un petit archipel). Contrairement aux tempêtes tempérées (celles de chez nous) qui ont des vents forts sous presque toute la dépression, les cyclones ont des vents forts près de l’œil, et dès qu’on s’en éloigne ils sont très rapidement moins puissants. Voilà pourquoi les vents, même s’ils sont à prendre en compte, ne sont pas le plus grand danger des cyclones (hormis sur les plages). Qu’ils soient ouragans (nom des cyclones en Atlantique nord) ou typhon (nom des cyclones dans l’océan pacifique), le danger est le même. Les tempêtes tropicale (stade précédant celui de cyclone) et cyclones de catégorie 1 génèrent même des vents loin d’être impressionnants : lors de son passage à proximité de la Martinique, Matthew (encore tempête tropicale) a «simplement» généré des vents à 120 km/h en rafales sur les côtes, et pas plus de 90 km/h en Guadeloupe.


Le plus grand danger des cyclones, c’est l’eau


L’eau est l’élément responsable des plus grandes catastrophes sur terre causées par des cyclones, et cela de deux manières. La pluie est le phénomène le plus dévastateur à craindre : même sous une simple tempête tropicale, surtout si elle se déplace lentement, les cumuls de pluie sont parfois conséquents et susceptibles de générer des inondations et parfois des glissements de terrain. Sous un véritable cyclone, les cumuls peuvent atteindre 1000 mm, des cumuls gigantesques sous le cyclone lui-même, mais aussi en marge : avant l’arrivée du cyclone, et autour de lui. Des orages forts se développent en effet autour des cyclones, ce qui fait que les îles et pays qui s’apprêtent à être touchés par des cyclones sont déjà concernés par des orages avant, et restent concernés par des orages après son passage. Ces orages génèrent déjà d’importantes quantités d’eau, en plus de l’eau qui tombera (ou est déjà tombée) sous l’impact du cyclone. L’eau est également dangereuse d’une autre manière : la houle est forte à l’approche du cyclone et la surcote fréquente. Les vagues déferlent sur les plages et parfois dans les terres.

Rappelez-vous des images de l’ouragan Sandy en 2011 qui avait noyé les métros de New York, et encore plus, des dramatiques inondations causées par l’ouragan Katrina en Louisiane (Nouvelle-Orléans) en 2005.
 

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