Bien préparer son tour du monde

Samedi 29 octobre 2016 à 12h05

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Nombreux sont ceux qui rêvent de larguer un jour les amarres pour un tour du monde en famille. Mais avant de partir, il est indispensable de bien choisir son bateau en fonction de son programme, et d’effectuer les formations nécessaires.


@Sophie Savant-Ros

On ne part pas pour un tour du monde à la voile sur un coup de tête. La période de préparation peut varier entre un et deux ans, en fonction de son expérience de navigation. Outre les aspects budgétaires, les formalités administratives ou celles qui sont liées à l’éducation à distance des enfants, de nombreux points plus techniques sont à prendre en compte avant de partir. « La première vraie grande décision quand on décide de partir faire un tour du monde, c’est de bien savoir ce qu’on cherche, nous explique Benoît Lebizay, directeur du chantier Garcia Yachting, spécialisé dans le grand voyage. Certains partent pour passer du temps en famille, d’autres ont un objectif sportif, ou alors il s’agit d’une fuite en avant. Il y a différentes manières de larguer les amarres. » Le choix du support dépendra des objectifs et du programme envisagé. « Certaines familles privilégient le catamaran qui ne gîte pas et qui est plus spacieux qu’un monocoque, alors que les baroudeurs optent pour un dériveur intégral, précise-t-il. Pour un tour du monde, l’aluminium est intéressant car les OFNI (objets flottants non identifiés) sont la première cause d’accidents en mer ».

Le choix du bateau, neuf ou occasion, aluminium ou composite, catamaran ou monocoque, dépendra également du budget de chacun. Mais attention, « c’est le programme qui doit déterminer le support et non le budget. Bien choisir son bateau est une phase essentielle au bon déroulement de l’aventure », prévient Benoît Lebizay. Une fois le bateau acheté, il faut ensuite l’équiper. « Tout dépend du niveau d’expérience du capitaine et de l’équipage. On a souvent tendance à trop charger le bateau. Au final, les gens se rendent compte qu’ils n’ont pas utilisé la moitié du matériel embarqué, poursuit-il. Il faut bien être accompagné dans cette phase, soit par un chantier, soit par des gens qui ont déjà vécu cette expérience. »

La formation, une étape essentielle

« La formation technique est primordiale car on se retrouve en autonomie sur son bateau. Il faut être en mesure de réparer une panne mécanique, électrique, un problème de tuyauterie ou de gréement. Il est important de pouvoir gérer la maintenance du bateau en parfaite autonomie une fois en mer », poursuit Benoît Lebizay. Il existe de nombreux stages de mécanique, d’électricité marine, de plomberie ou encore dans les voileries qui s’étalent sur deux ou trois jours. Il faut également apprendre à réparer son moteur avant de partir. Viennent ensuite les aspects liés à la pratique de la voile. « De nombreux stages permettent de bien choisir son programme en fonction de la période de l’année, de se former à la météo marine, d’apprendre à lire les cartes, à anticiper sa route, souligne-t-il. Nous recommandons de faire au moins deux stages, un premier pour découvrir, et un second pour poser les bonnes questions. Il faut également se former à la navigation pour bien maîtriser les réglages de voiles, savoir quelle voile utiliser sous quelle allure… ». Pour cela, en plus des stages techniques proposés sur le littoral et la pratique individuelle, il est intéressant de faire appel à un skipper professionnel pendant quelques semaines après la prise en main de son bateau, qu’il soit neuf ou d’occasion.

« Cela permet d’acquérir des automatismes sans avoir la pression du propriétaire. La prise en mains du bateau est un moment clef. Souvent, quand on tend les clefs au propriétaire, il a un sentiment de grande solitude car il ne sait pas toujours naviguer. »

La formation médicale a également toute son importance afin de pouvoir gérer toute urgence en situation d’isolement. « Il existe des formations de médecine à distance que je recommande de faire deux fois afin d’être prêt. Il faut également faire le stage ISAF de survie qui est obligatoire. Il permet d’apprendre à se servir du matériel et des équipements de survie et de sécurité, à être hélitreuillé, il explique comment se déroule un sauvetage en mer. Le site Sail the World est une mine d’informations pour ceux qui partent faire un tour du monde ». Bien se former permet d’éviter bien des problèmes une fois en mer.


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