Le mystère de la vague scélérate résolu ?

Jeudi 31 janvier 2019 à 12h29

Scélérate se dit d’une personne qui a commis un crime, pourquoi pas d’une vague ? Lorsque les marins parlent de vagues scélérates, ils font allusion à ces monstrueuses murailles d’eau qui se distinguent par leur hauteur et le fait qu’elles soient uniques au milieu d’un état de mer dit normal.


Devant les témoignages rapportés par des marins éberlués, les esprits raisonnables ont longtemps cru à de l’exagération, voire à de l’affabulation. Mais plus on naviguait, plus les témoignages se multipliaient. Il a bien fallu se rendre à l’évidence quand à la fin de la Seconde Guerre, un porte-avions américain a vu ses deux ponts pliés par une vague, ou quand le paquebot Queen Elizabeth est rentré de croisière avec les vitres de sa passerelle, qui se trouvent à 27 mètres au-dessus de la ligne de flottaison, brisées par une vague. Le 1er janvier 1995 au large de la Norvège, la plate-forme pétrolière, donc fixe et non pas flottante, nommée Draupner, a mesuré une vague de 25,6 mètres lors d’une tempête où les vagues normales étaient de 11 mètres.

Ces vagues se rencontrent exceptionnellement au large. Elles sont imprévisibles, le concours de circonstances qui en est à l’origine relevant du grand hasard. Elles sont le fruit de combinaisons de fréquences de houles d’origine différentes qui se rencontrent en des lieux spécifiques, par exemple :

  • Contre un courant marin puissant et profond qui résiste à la progression de la houle. C’est le cas du courant des Aiguilles, qui descend de l'océan Indien le long de la côte Sud-Africaine et dresse une mer déchaînée quand il rencontre la houle venue des quarantièmes rugissants.

  • Sur les remontées des plateaux continentaux. C’est le cas dans le Golfe de Gascogne le long des lignes de sondes de 150m à 200m où ce type de vagues 2 à 3 fois plus hautes que ses voisines ont plusieurs fois été observées.

Les modèles informatiques ou les multiples essais en bassin artificiel n’avaient pas réussi à représenter la construction de ces vagues jusqu’à ce qu’en décembre 2018 des chercheurs des universités d’Oxford, d’Edinbourg et de Crawley en Australie se réunissent pour publier une étude intitulée « Recréation en Laboratoire de la vague de Daupner ». Ils y décrivent les conditions réunies dans leur bassin de houle circulaire permettant de générer des houles s’interceptant avec des directions de provenances très différentes. Ils réussissent ainsi à créer en miniature des proportions de vagues scélérates, c’est-à-dire de vagues exceptionnelles ayant plus de deux fois la hauteur de leurs voisines, avec un profil très vertical sans s’écrouler.

Il s’avère que ces vagues, faciles à photographier en laboratoire, ressemblent étrangement à La Grande Vague de Kanagawa produite en 1831 par Hokusai. Cette estampe est-elle purement le fruit de son imagination ou correspond-t-elle à une description que ces pécheurs aux prises avec la vague monstrueuse lui auraient faite ?

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