Industrie nautique : Bataille à l'export pour échapper à la crise

Jeudi 6 décembre 2012 à 18h48

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Le marché nautique français a subi un choc violent en 2012 avec un recul de 18% du chiffre d'affaires de la production. Pour s'en sortir, les tricolores ont misé sur l'export.


La crise est bien visible, à la veille de l'ouverture du Salon Nautique de Paris. L'édition 2012 compte 3000 m2 d'exposition en moins, par rapport à l'an dernier. « Les stands de bateaux sont plus petits cette année, explique Alain Pichavant, commissaire général du Nautic. Les constructeurs ont dû faire des concessions pour être présents à l'international, sur d'autres salons. »

Et c'est bien l'international qui redonne le sourire aux industriels, à l'heure du bilan pour l'année 2012: 68% de la production française est vendue à l'export, 74% quand on parle de voiliers. « C'est un record, se réjouit Jean-François Fountaine, président de la Fédération des Industries Nautiques (FIN). Les entreprises françaises ont une attitude plus agressive que défensive. Elles se sont battues pour chercher de nouveaux débouchés, souvent très loin de la France.  » Il faut dire que nos voisins européens ont souffert en 2012. « Surtout la Méditerrannée, mais aussi la Scandinavie, le Bénélux et le marché britannique, avec un programme d'austérité fiscale et budgétaire, observe Yves Lyon-Caen, vice-président de la Fin et président du conseil de surveillance de Bénéteau.

Au contraire, les marchés lointains – Asie du Sud-Est, Asie Pacifique et Amérique du Sud – évoluent favorablement. Les incertitudes internationales pour 2013 se focalisent sur le Brésil et la Chine. Pour le pays de Dilma Rousseff, « des mesures de protection du marché intérieur brésilien ont freiné une belle croissance », observe Jean-François Fountaine. La Chine de son côté a connu une fin d'année un peu moins florissante. « Nous n’avons pas encore calibré l’ampleur de la croissance à venir pour 2013 du fait de la conjoncture actuelle en Chine, en plein période de changement de dirigeants », nous confiait, le mois dernier, Patrick Guilloux, directeur financier du groupe Bénéteau.

Aux Etats-Unis, le marché a chuté de 70% entre 2008 et 2010 en croissance cumulée. « Nous pensons que 2012 est un plancher et un début de rebond pour ce pays », analyse Jean-François Fountaine.

 Le leadership tricolore

 A l'heure où la Pologne s'affirme leader européen de la construction navale, Yves Lyon-Caen affiche un air serein. « Il faut mettre cette formulation sur le compte d'une erreur de jeunesse ! », lance-t-il dans un sourire. Le président du Conseil de surveillance de Bénéteau - un groupe qui a notamment ouvert cette année une usine au Brésil - assure également que la délocalisation n'est pas une fatalité. « Je ne vois pas d'autre marché intérieur suffisant pour justifier l'implantation de tout un tissu économique sur place. »

Le tissu français est partiulièrement dense dans le centre-ouest de la France avec tous les corps de métiers sur place. « A nous de faire en sorte que ces métiers continuent d'évoluer », ajoute-t-il. Jean-François Fountaine compte également sur le secteur de la compétition pour servir de vitrine à la France, avec des skippers qui s'internationalisent. Preuve à l'appui, Groupama 4, vainqueur de la dernière Volvo Ocean Race, est exposé sur le Parvis 1 de la Porte de Versailles.


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