Le marché nautique français résiste à la crise

Samedi 8 décembre 2012 à 15h09

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La Chaîne Météo - Hélia 44, nouveauté 2013 de Fountaine Pajot

L'industrie nautique française fait face à une redoutable dépression. Après 13 années de croissance continue, le marché hexagonal a été touché de plein fouet par la crise en 2009 avec une baisse de 35 % de son chiffre d'affaires. Le temps d'un court rebond et voilà de nouveau l'industrie française plongée cette année dans un contexte difficile.
Il y a pourtant des raisons de rester optimiste: l'activité a baissé de 10 % à 15 % en France contre une chute de 20 % à 25 % en moyenne en Europe, d'après les chiffres publiés récemment par Price Waterhouse Coopers (PwC).

 

Segment haut de gamme

Et des entreprises résistent. Les grands constructeurs français ont ainsi mis le cap sur de nouveaux marchés pour stimuler leur activité. Au lendemain de la crise de 2009, Bénéteau a «décidé d'accélérer son plan d'investissement pour se lancer dans le secteur des yachts de 15 à 30 mètres de long, se développer dans les pays émergents d'Asie et d'Amérique du Sud ainsi que sur le segment des bateaux à moteur aux États-Unis», explique Bruno Cathelinais, le président du directoire du groupe. Le dirigeant précise que «ces marchés ont généré 100 millions d'euros de chiffre d'affaires cette année alors qu'ils étaient inexistants en 2010». Pour conquérir de nouveaux marchés avec ce résultat, le premier fabricant de voiliers au monde n'a pas transigé en investissant cette année 40 millions d'euros dans le renouvellement de ses gammes de produits. Un niveau d'investissements qui sera maintenu l'an prochain.

D'une manière générale, les constructeurs français se concentrent sur le segment haut de gamme, plus générateur de marge, qui représente désormais 60 % des ventes de bateaux à voile et 80 % des ventes de bateaux à moteur. La clientèle étrangère aisée est directement ciblée.

Une stratégie qui réussit au fabricant de catamarans de croisière Fountaine Pajot qui affiche une santé quasi insolente en ces temps difficiles.

 

«L'année 2013 devrait être beaucoup plus facile»

Sur le marché français, les groupes spécialisés dans les services ont également tiré leur épingle du jeu. «Si le marché français est relativement saturé en bateaux neufs, le marché de l'occasion se porte bien, tout comme la pratique du nautisme», souligne Gil Sandillon, consultant pour PwC. Les activités de services, d'accueil, de loisirs, de maintenance compensent ainsi la baisse d'activité sur le marché du neuf en France et jouent le rôle d'amortisseur.

Jean-François Fountaine, président de la Fédération des industries nautiques (FIN), ajoute que «la diversité du marché français et la large gamme de produits et services proposés lui confère une meilleure capacité de résistance». Tout n'est donc pas noir pour l'industrie hexagonale. Gil Sandillon rappelle ainsi que «les fondamentaux économiques sont là: les acteurs se montrent optimistes sur leur niveau de trésorerie et de rentabilité». De son côté, Bruno Cathelinais estime que «l'année 2013 devrait être beaucoup plus facile que l'année écoulée, même si des difficultés devraient subsister sur le marché européen. Aux États-Unis, les salons ont envoyé de bonnes nouvelles.» Plus que jamais, les acteurs seront attentifs aux retombées du Salon nautique de Paris.

 

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