Roland Jourdain trace son chemin vert

Jeudi 20 décembre 2012 à 08h45

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Avec du lin et du chanvre, Roland Jourdain et son équipe construisent des surfs de nouvelle génération.


crédits photo: Ronan Gladu

En parcourant les mers du monde, Roland Jourdain a pris petit à petit conscience de l’importance des recherches écologiques pour le nautisme. « Il est vrai que le carbone, on l'adore et on l'adule, explique-t-il, mais cela n'empêche pas de prendre conscience qu'il nous mène droit dans le mur si on ne prend pas la peine de réfléchir à des solutions alternatives, et de tester des matières plus naturelles. » Dans ce domaine, Roland Jourdain se voit un peu comme un poil à gratter. « Nous voulons montrer qu’il y a des initiatives à prendre, un monde à construire, explique le navigateur. Nous avons la chance d’avoir un atelier pour faire des composites donc nous avons décidé de faire des essais nous-mêmes pour comprendre ce qui pourrait fonctionner. »


Glaz board comme figure de proue
 

Kaïros a donc commencé par des surfs, les glaz boards. A la place de la fibre de verre et de la résine à base de pétrole, les concepteurs ont cherché des matériaux bio-sourcés. « Le bateau du passé était en lin et en chanvre, remarque Roland Jourdain. Il est peut-être le bateau de l’avenir. » Les fibres végétales utilisées par Kaïros proviennent d’une part du lin – cultivé en Normandie – et d’autre part de la fibre de cellulose issue de la filière bois et tissée dans une usine près de Lyon. Parallèlement, la cellule d’éco-innovation mène des recherches sur la fibre de jute.
La mousse est en polystyrène produite localement en Bretagne Sud. « Quand on pense au polystyrène, on a toujours en tête les petites boules blanches sur les plages, reconnaît Manu Poisson Quinton, responsable de la cellule d’éco-innovation. « Mais ce matériau a un faible impact environnemental quand on maîtrise bien sa fin de vie. » Le polystyrène est recyclé par l’éco-organisme ECO-PSE. « En fonction de l’état du polystyrène, il est soit réinjecté dans un matériau neuf, soit transformé en produit plastique, généralement des pochettes de CD », précise Manu Poisson Quinton.
Enfin, la résine des planches de surf est constituée à 50 % de carbone végétal. « Nous n’avons pas de levier sur ce produit de chimie de haut niveau », précise le spécialiste de Kaïros. C’est un carbone végétal partiellement issu de la filière bois. « Nous ne pouvons qu’attendre les avancées scientifiques des chercheurs pour atteindre la résine 100 % végétale, ajoute Manu Poisson Quinton. Mais le simple fait d’amener le produit sur le marché incite les chercheurs à aller plus vite. »
Pour la fibre et la résine, la solution de fin de vie est encore en question. « Pour l’instant, nous visons l’incinération, pour les chaufferies collectives par exemple, détaille Manu Poisson Quiton. Un peu comme de grosses bûches de cheminées. »
Enfin, les objectifs sportifs et économiques ne sont pas oubliés. « Nous ne construisons pas des meubles mais des bateaux qui flottent et qui vont vite », insiste Roland Jourdain. Le surcoût des glaz boards est de 10 % par rapport à la fabrication classique et leur poids est équivalent à celui d’un surf classique.

 

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