Un nouveau venu à la tête des Saint-Bernard de la mer

Dimanche 2 juin 2013 à 23h52

Passage de relais à la tête des sauveteurs en mer. Yves Lagane laisse la main à Olivier Lajous.


Pourquoi avoir choisi de prendre la tête des sauveteurs en mer ?


D’abord parce que je ne peux pas vivre sans la mer et parce que j’ai toujours été admiratif de ces bénévoles qui se tiennent prêts toute l’année à partir en 20 minutes pour sauver des gens en mer. Il font ça alors qu’ils ont aussi une vie professionnelle et une famille. C’est une mission qui est noble et aussi longtemps qu’on peut la faire bénévolement, cela grandit notre pays. Cela prouve que l’argent n’est pas partout et c’est bien !

 

Quels ont été vos premiers pas de président de la SNSM ?


J’ai été élu vendredi à 16 heures et j’ai sauté un train pour venir sur le fleuve, au départ de la Solitaire. Ce samedi, j’ai navigué dans l’estuaire et nous avons eu à remorquer un concurrent. Le trésor de la SNSM ce sont les bénévoles qui connaissent les lieux en experts. C'est le mariage de tous ces talents fait la force de la SNSM, ses 4.000 bénévoles et 220 stations. Et chaque année nous en rajoutons 3.000, les nageurs-sauveteurs qui assurent la sécurité sur les plages. Pendant six ans, je vais donner tout ce que je peux pour aider ces sauveteurs à remplir leur mission.

 

Quels sont vos atouts pour assurer cette mission ?
 

Je suis marin et j’ai navigué très longtemps. C’est important pour être crédible face aux sauveteurs. J’ai aussi eu la chance d’être élu DRH de l’année 2012 et je suis persuadé que les ressources humaines vous aident à aimer les gens, à trouver des solutions pour qu’ils s’adaptent aux emplois, qu’ils acceptent les changements qu’ils sont en train de vivre.


Vous étiez deux candidats à ce poste. Pourquoi il y a-t-il si peu de volontaires ?


Il faut accepter d’assurer cette mission bénévolement et de loger à Paris. Ce n’est pas facile lorsqu’on n’a pas de logement sur place, par exemple, ce qui était mon cas. J’ai hésité car il fallait que je sois sûr que ma famille accepte et que je trouve un autre moyen de subsistance pour équilibrer ma trésorerie personnelle. Il fallait faire l’équation avec ces différents éléments. Mais la mission est tellement belle !

 

Quels sont vos objectifs pour votre mandat ?
 

On va devoir être de plus en plus professionnel tout en restant bénévole. Le vrai danger serait de ne plus être bénévole mais l’équation est compliquée. En même temps, nous sommes dans une société où les gens veulent de plus en plus de sécurité et ils ne comprendraient pas qu’on n’ait pas de bonne formation, qu’on ne soit pas dans tous les schémas de visite médicale, etc. Or notre population de sauveteurs, ce sont des gens qui viennent de partout, qui donnent beaucoup de leur temps libre. Nous avons des anciens qui ont pratiqué la mer et qui ne comprennent pas pourquoi on leur demande de repartir en formation ou de se contrôler médicalement. En même temps les gens de mer sont des gens passionnés mais aussi très raisonnables. Quand on va discuter avec eux, ils comprennent très vite les enjeux et savent qu’il faut qu’on consolide tous nos savoirs faire. Il faut être des professionnels bénévoles.

 

Vous prenez la tête d’une grande machine avec des individualités fortes. Comment appréhendez-vous cela ?


Les anciens présidents m’ont dit : "Tu vas voir face à toi tu vas avoir des sacrés cabochards !" Et bien j’aime bien cela ! J’apprécie moins les gens qui n’ont pas de caractère. Il faudra toutefois faire en sorte que les passions ne deviennent pas à ce point déraisonnable que cela se termine mal. C’est un équilibre complexe mais je suis sûre qu’en se parlant beaucoup on évite les problèmes. Les sauveteurs en mer c’est avant tout une grande famille.

 

Que souhaitez-vous leur dire ?
 

Il va falloir convaincre les sauveteurs embarqués, ceux qui vont sur les canots ou les vedettes en mer, qu’ils acceptent que les nageurs sauveteurs sur les plages sont aussi importants qu’eux. Cette bagarre entre les deux n’a aucun sens. Ensuite il faut faire comprendre aux 220 stations qu’elles conserveront leur identité propre mais qu’elles appartiennent à un grand ensemble. De temps en temps il fait mieux faire des petites concessions à l’intérêt commun plutôt que de rester dans sa logique gauloise de petite station enfermée sur elle-même. Et en même temps ces individualités sont notre force, j’en suis conscient. Il faut là aussi trouver un équilibre. Construire une grande SNSM unie ne se fera pas en un jour !

 

 

 


SERVICE:
Pour préparer vos escales en toute sérénité, téléchargez l'appli Guides Escales du Bloc Marine.
Toutes les prévisions météo du littoral et en mer pour la France par téléphone au 3201*.
Toutes les prévisions météo de vos voyages et vos navigations à l'étranger au 0899 70 12 34**.
Recevez gratuitement
la newsletter
tous les jeudis
* 3201 : Prévisions pour la France - 2,99€ par appel   ** 0899 70 12 34 : Prévisions pour le Monde - 2,99€ par appel
Fermer
Recevez chaque jeudi les coups de coeur de la rédaction