Les pièges à éviter sur l'électronique d'occasion

Mardi 26 février 2019 à 16h06

Lorsque l’on acquiert un bateau d’occasion équipé d’électronique, voire de l’électronique d’occasion, très présente sur les sites de petites annonces, il est prudent de vérifier certains points. On a tendance à dire que ce matériel décote vite, mais ce n’est pas pour autant qu’il est obsolète.


© Figaro Nautisme

La durée de vie de l’appareillage électronique

Lors d’un sinistre, les experts appliquent une décote en fonction de l’âge, mais pas nécessairement en tenant compte de la valeur de remplacement. En règle générale, cette décote est de 20 % la première année pour atteindre 50% au bout de la cinquième et ne plus avoir qu’une valeur sentimentale au-delà de sept ans. Dans la pratique, si celle-ci est applicable en cas d’avarie, elle doit être plus nuancée lors de l’achat d’un bateau ou d’équipement d’occasion. On doit prendre en compte un certain nombre de critères qui vont de la marque à l’évolution du produit en passant par son prix, etc.

Tout le matériel n’a pas la même cote

Sondeur éclat : n'a plus aucune valeur marchande. / © Albert Brel

L’électronique de navigation est un équipement qui évolue vite du point de vue des fonctions et dont le prix peut être inversement proportionnel à son évolution. Pour s’en rendre compte, il suffit de regarder les catalogues et de comparer les prix sur quelques années. Si nous prenons, par exemple, une VHF fixe Furuno FM4721 avec ASN, elle était proposée à 1194€ en 2014, le modèle FM4800 beaucoup plus complet (ASN, GPS, récepteur AIS) est à 690€ au catalogue 2019. Cet exemple sur une VHF peut s’appliquer sur bon nombre de produits avec certaines nuances, en particulier, lorsque le produit est toujours commercialisé. Dans le cas de notre VHF, le modèle a évolué, il a changé de référence et le prix a baissé de plus de 40%. Si on prend le cas d’un radar référence 1835, le prix était de 5454€ en 2014, il est de 5394€ en 2019 soit pratiquement identique. En résumé, un appareil qui est toujours sur le marché décote beaucoup moins qu’un modèle qui n’est plus sur le marché et qui est remplacé par un plus performant.

Une décote inversement proportionnelle à l’âge est-elle justifiée ?

Dans certains cas, oui, dans d’autres, non. Bien souvent, le prix des bateaux d’occasion est proposé suivant la formule consacrée « prix selon inventaire ». En pratique, cette formulation doit être prise avec beaucoup de réserve, en particulier, sur le sujet qui nous intéresse dans cet article l’électronique. La première démarche est de demander cet inventaire. Il doit être complet avec la marque de l’appareil, sa référence et sa date d’achat. Avec ces trois éléments, dans un premier temps, on peut comparer le prix d’achat par rapport au prix d’un neuf, comme nous venons de le voir pour la VHF et le radar et appliquer une décote en fonction de l’année et de l’état. Il faut savoir que pour certains produits qui ne sont plus commercialisés, on ne trouve plus de pièces et les services après-vente n’assurent plus les réparations. Nous n’allons pas voir tous les équipements électroniques mais nous intéresser à ceux d’un certain prix qui, aux yeux des vendeurs, voire des acheteurs, présentent un intérêt.

Radar monochrome, qui n'est plus fabriqué / © Furuno

Le radar : depuis les années 2000 où les modèles à écran monochrome cristaux liquides (LCD) ont été mis sur le marché, bon nombre de plaisanciers en ont fait l’acquisition. Qu’en est-il aujourd’hui ? Ces modèles monochromes ne sont plus commercialisés. Ils sont remplacés par des écrans couleur voire des appareils multifonctions. Bien entendu, ils peuvent toujours assurer leur fonction, mais, du point de vue marchand, lors de l’achat d’un bateau d’occasion, ils n’ont aucune cote. Sur le marché de l’occasion, on en trouve à moins de 250€ mais, attention, en cas de panne, il est souvent difficile de trouver des pièces.

Ecran multifonction avec radar sondeur / © Raymarine

La cartographie : s’il y a un domaine qui a beaucoup évolué, c’est celui de la cartographie électronique. Les lecteurs sont plus performants, la cartographie aussi. La majorité des cartographies que l’on trouve sur le marché provient des services officiels hydrographiques. Les lecteurs sont maintenant tous couleur. Les monochromes ont disparu et n’ont aucune valeur marchande. Les couleurs sont soit des lecteurs simples avec GPS interne ou externe, combinés avec un sondeur soit conditionnés dans un écran multifonction. Un écran multifonction nouvelle génération est toujours à la base un lecteur de carte sur lequel on peut connecter d’autres instrumentations (radar, centrale, pilote, etc.). Reste la cartographie. Elle est présentée sur des cartouches aux formats SD ou Micro-SD. Des formats comme la Compact-Flash que l’on trouvait encore il y a quelques années, y compris sur des lecteurs haut de gamme, ne sont plus sur le marché. Si vous achetez un bateau avec un lecteur équipé de Compact-Flash, fonctionnant parfaitement sur la cartographie présente sur la carte, il devient obsolète pour une autre zone car vous ne trouverez pas de cartes ou alors d’occasion et la mise à jour ne sera pas possible.

Le pilote in-bord : c’est sans aucun doute l’équipement qui vieillit le mieux. Un modèle de 10 ans voire plus, s’il est d’une grande marque toujours présente sur le marché, s’il fonctionne bien et ne présente pas de signes de fatigue (fuite sur le vérin s’il est hydraulique, connectique en mauvais état, connections électriques oxydées, écran, etc.) n’a aucune raison de ne pas continuer à fonctionner pendant plusieurs années.

Les centrales de navigation : là, il est impératif de tenir compte de la marque et de vérifier qu’elle est toujours présente sur le marché. Bien souvent, les éléments de la centrale communiquent avec un bus dit propriétaire. Si vous souhaitez la compléter voire changer un élément (par exemple un anémo-girouette ou un écran), il faut qu’elle soit compatible avec la nouvelle génération. Des points importants à vérifier.

Centrale de navigation / © Furuno

Les logiciels de navigation : les logiciels de navigation sont dits évolutifs. Ils suivent l’évolution de l’informatique et des appareils auxquels ils peuvent être interfacés (AIS, météo, radar, ARPA, etc.), des supports cartographiques et des réseaux (NMEA 0183, NMEA 2000, bus CAN, etc.). En clair, la prudence est de mise. Un seul exemple sur un logiciel très diffusé : Maxsea. Il y a quelques années, il a mis sur le marché un nouveau logiciel Time Zéro. Cette version n’est pas compatible avec les anciennes, les mises à jour et l’évolution de ces dernières ne sont plus assurées.

Les sondeurs : c’est l’un des équipements le plus présent sur le marché (plus de 400 modèles). Le sondeur standard n’a guère évolué du point de vue fonctions. La différence est la qualité de l’écran qui a suivi celle de l’informatique. Un écran qui était haut de gamme dit « plein jour » il y a cinq ans est considéré aujourd’hui de qualité moyenne. Les fonctions, c’est là les principales évolutions. On trouve sur le marché des produits, à des prix attractifs, qui présentent des fonctions inédites en particulier pour la pêche, avec une représentation proche de l’imagerie médicale.  

Sondeur ancienne génération / © Furuno

En conclusion

Les équipements électroniques, même récents, dont la marque n’existe plus n’ont aucune valeur marchande. Il en est de même des appareils qui ne sont plus diffusés (voir les exemples cités). Pour les autres instrumentations, suivez nos conseils en vérifiant que la marque assure toujours la maintenance voire l’évolution du produit. Dernier point : le prix. Beaucoup d’appareils ont vu leurs prix baissés dans des proportions importantes tout en proposant des fonctions supplémentaires.

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