Evasion: le cap Horn à la portée de tous

Vendredi 19 octobre 2012 à 08h46

Approcher un mythe, doubler un cap à la réputation ventée et houleuse... Une expérience qui n'est plus réservée qu'aux marins expérimentés.


EN ROUTE POUR LE CAP HORN / La Chaîne Météo

Une telle aventure relève d'un projet à long terme ; pour certains il s'agit de la concrétisation d'un rêve. C'est pour cela qu'elle demande patience et humilité, même si aujourd'hui elle peut être à la portée des béotiens. Le cap Horn, le cap des tempêtes, appelé par ceux qui l'ont déjà doublé «cap dur» ou «cap redouté», ne s'envisage pas comme un départ en croisière en Méditerranée.

D'abord, il y fait froid. Même si la meilleure période reste l'hiver chez nous (l'été dans l'hémisphère Sud), la température ne dépasse pas 12°C les meilleurs jours. Disons plutôt que la moyenne se situe autour de 8°C avec des nuits froides. Et puis, le voyage n'affiche pas un programme rigide et minuté.

Voyager sur un voilier et, à plus forte raison, dans des latitudes parfois rudes ­demande d'être prêt à renoncer à un certain confort de navigation. L'aspirant cap-hornier devra parfois patienter au port mais aussi se faire violence à bord. Parfois les conditions météo seront telles qu'il ne sera pas possible de naviguer pendant un, voire plusieurs jours.

Au plus près des glaces

La réputation du Horn s'est construite sur du vécu mais aussi sur des observations météorologiques. Ainsi, durant l'hiver, les coups de vent supérieurs à 70 km/h (force 8) sont observés sur plus de 40 % du temps! L'été, ils demeurent moins fréquents mais peuvent exister. À cette latitude extrême (56° sud), la météo peut donc se révéler très musclée. Les Williwaws, rafales descendant de la montagne dans les fjords, sont légion.

Les voiliers proposés à la location, le plus souvent avec skipper, sont pour la plupart construits en aluminium, un matériau robuste qui permet de s'approcher au plus près des glaces. L'expérience des skippers demeure incontournable pour naviguer dans cette zone hostile. D'anciens coureurs au large, comme ­Christophe Auguin (vainqueur du Vendée Globe 1996-1997), proposent leurs services et leur bateau.

Embarquement à Ushuaia pour un périple vers Puerto Williams, le canal de Beagle, au pied de la cordillère des ­Andes, l'archipel des Wollaston, à l'est du cap Horn, puis passage du cap mythique d'ouest en est, aux portes des deux océans, Pacifique et Atlantique. On dit là-bas que «les montagnes et les glaciers marchent sur l'eau».

Les fjords des cordillères demeurent un spectacle saisissant. Pas de grandes traversées au programme. La navigation ne dépasse pas les trois ou quatre heures par jour, et les moments à terre font partie intégrante du voyage. Lions de mer, otaries, dauphins, les animaux de la Terre de Feu vivent en harmonie avec la nature encore préservée. L'aventure au cap Horn plonge le visiteur dans une grande humilité. Face à la beauté des lieux, personne ne restera indifférent.


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