Essai Figaro Bénéteau 3 : est-il révolutionnaire ?

Lundi 12 février 2018 à 12h34

Fruit d’une longue collaboration entre les experts du Groupe Bénéteau et le cabinet VPLP, le très attendu Figaro 3 est le premier monocoque monotype à foils de série jamais imaginé. Nous l’avons testé en avant-première !


Les foils bien qu'étant des appendices qui semblent vulnérables en cas de ruptures, se rentrent dans la partie haute de la coque bien au-dessus de la flottaison / Jean-Baptiste D'Enquin / Bénéteau

Pour remplacer le Figaro 2, un appel d’offres a été lancé, en avril 2016. Sur plusieurs projets proposés, c’est celui du cabinet VPLP qui a été retenu. Ce sera un bateau doté de foils ! Quelques mois plus tard, au Nautic de Paris, les premières vues 3D ont été dévoilées. A l’été dernier, le premier monotype a été mis à l’eau en Vendée afin de réaliser des tests et avant le lancement d’une production de 50 unités en série. Ceux-ci seront livrés à leurs propriétaires fin 2018. Enfin, à l’été 2019, aura lieu la première édition de La Solitaire Urgo avec le Figaro Bénéteau 3.

Le Figaro Bénéteau 3 sera livré fin 2018. / Albert Brel

Un bateau sûr et performant…

En cas de problème, par exemple la cassure d'un foil, il n'y a pas d'entrée d'eau et le bateau peut continuer à naviguer. / Albert Brel

Comment expliquer ce choix de foils parmi d’autres projets faisant appel à des technologies telles qu’une quille pendulaire, des ballasts ? Aux dires du skipper du chantier tricolore, présent à bord, « le caractère innovant et moderne des foils sur une unité de moins de 10 mètres ainsi que la sécurité » ont joué en sa faveur. Les foils bien qu’étant des appendices qui semblent vulnérables en cas de ruptures (collision ou autres avaries), se rentrent dans la partie haute de la coque bien au-dessus de la flottaison. En cas de problème, par exemple la cassure d’un foil, il n’y a pas d’entrée d’eau et le bateau peut continuer à naviguer, sans doute pas dans des conditions optima, mais, avec son tirant d’eau de 2.50 m, il devrait rester performant !

Un plan de pont simple et fonctionnel

Le plan de pont est clair et bien dégagé / Albert Brel

A bord, tout a été fait pour faciliter la vie du barreur. Une fois installé à la barre, le cale-pied bien réglé, on a tout sous la main pour affiner les réglages. Au centre du cockpit, se trouve une console pour les palans de grand-voile (principal et fin) ainsi que le réglage de son l’écoute. Il y a également la commande du chariot et le winch permettant d’agir sur le pataras double. Les winches de génois servent non seulement pour régler ce dernier mais aussi pour les drisses et les prises de ris. Le plan de pont est clair et bien dégagé. Par exemple, inutile d’aller en pied de mât pour les prises de ris, celles-ci reviennent au cockpit. Il reste comme réglages sur le pont le point de tire de la voile d’avant (solent) et la commande des foils qui se fait sans efforts. En pratique, les foils sont mis en place dès que l’on est en navigation. Le roof est fait de telle sorte qu’il ne gêne en rien le passage pour accéder à la plage avant. Reste l’impressionnant bout dehors (1.75 m) mais il est conçu de telle sorte qu’il peut être démonté facilement ne serait-ce que pour le transport.

Un minimum d’aménagements

Le rangement du foil dans le plafond de la cabine / Albert Brel

Nous ne sommes pas sur un bateau de croisière, tout est fait pour optimiser au maximum la marche du voilier, rien de plus. L’intérieur très dépouillé laisse apparaître les cloisons et les varangues. Pour le repos, on trouve de simples bannettes (cadre en alliage et toile tendue). L’accès aux foils se fait très simplement en dégageant des trappes placées au plafond du roof. La motorisation retenue est un 20 ch Nanni Diesel en ligne d’arbre équipé de deux alternateurs. Le standard du moteur sert pour recharger la batterie de démarrage (75 Ah) et un supplémentaire (115 Ah) pour les deux batteries (AGM) de servitude (140 Ah). On aurait pu penser que sur un bateau où le gain de poids est important la technologie lithium aurait été retenue. Un choix sans doute dicté pour une question de budget.

Electronique : une console avec VHF, traceur, pilote…

La banette du Figaro Bénéteau 3 / Albert Brel

Il a été fait appel au groupe Navico pour l’électronique qui comprend une centrale B&G H5000 avec 5 indicateurs maxi en pied de mât qui reprennent l’ensemble des données (vents, cap, vitesse, etc.), un AIS NAIS400 (transpondeur classe B), une VHF, un traceur et un pilote. A l’intérieur du bateau, en partie centrale, on a une console sur laquelle on retrouve une commande de pilote, la VHF et le traceur ce qui permet au skipper de visualiser, de l’intérieur, la bonne marche du bateau.

Notre verdict

Le moteur est un 20 ch Nanni Diesel en ligne d'arbre équipé de deux alternateurs. / Albert Brel

Nos essais se sont déroulés dans du petit temps (6 nœuds de vent, mer plate). S’ils n’ont pas permis de mettre en évidence l’efficacité des foils, ils ont permis de voir la réactivité du Figaro 3. Il a rapidement atteint une vitesse proche de celle du vent que ce soit sous génois ou spi et, ce, à des allures allant du portant au plus près du vent. Lors des différentes manœuvres, nous avons pu constater que tout était pensé pour qu’elles se déroulent avec un maximum d’efficacité que ce soit pour l’envoi ou l’affalement des voiles. Il en est de même pour le déplacement sur le pont qui n’est pas entravé par des obstacles tels que des taquets ou des retours de drisses et de prises de ris. Ces dernières reviennent du pied de mât au cockpit via des goulottes passant au plafond de la cabine.

Ce type de bateau avec foils sera-t-il généralisé aux unités standards ? A ce jour, Bénéteau ne l’envisage pas. Il est vrai que sur des unités de série ces foils ne manqueraient pas de poser quelques problèmes comme l’amarrage dans les ports sans parler des incidents en navigation, en particulier, lors des départs de régate.

Nos essais se sont déroulés dans du petit temps, ce qui nous a permis de voir la réactivité du Figaro 3 : il a rapidement atteint une vitesse proche de celle du vent. / Albert Brel

Les principales caractéristiques

Longueur de coque

9,75 m

Longueur flottaison

9 m

Largeur max

3,47 m

Tirant d’eau

2,5 m

Déplacement lège

2 900 kg

Grand-voile

39,5 m²

Génois

30,5 m²

Solent

24 m²

Grand spi asymétrique

105 m²

Spi asymétrique

78 m²

Mât carbone

13,76 m

Moteur Nanni

20 CV

Architecte

VPLP

 

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