Un trois-mâts pour exporter des légumes

Mardi 27 novembre 2012 à 16h54


Des cageots d'oignons rosés de Roscoff s'entassent dans la cale d'un trois-mâts, réplique d'une frégate corsaire du XVIIIe siècle, dans le port de la petite cité bretonne. Destination Londres, où le légume, "so delicious", devrait ravir les palais.


Face à la crise, les producteurs de la Sica de Saint-Pol-de-Léon -première coopérative légumière française connue sous la marque "Prince de Bretagne"- ont eu l'idée de reconquérir le marché britannique... en faisant revivre la tradition des "Johnnies", ces marchands d'oignons qui à partir du XIXe siècle se rendaient outre-Manche pour vendre leur production.


"Les Johnnies, c'est une histoire qui a commencé en 1828 avec un producteur d'oignons de Roscoff (ouest de la France) qui est parti dans le sud de l'Angleterre avec un bateau et qui avait vendu sa cargaison assez rapidement", raconte François Séité, président de l'association des "Johnnies" et grand chambellan de la confrérie de l'oignon de Roscoff. Dans les années 1920 et 1930, jusqu'à 1.500 "Johnnies" parcourent l'Angleterre, le Pays de Galles et l'Ecosse en faisant du porte-à-porte pour vendre des tresses d'oignons rosés.


Près de 4 tonnes de cet oignon ont été chargées pendant le week-end à bord du trois-mats l'Etoile du Roi par les producteurs eux-mêmes au son de musiques traditionnelles.


Une vingtaine d'autres tonnes du légume seront acheminées via l'un des navires de la compagnie Brittany Ferries, propriété de la Sica, avec l'idée de faire passer les ventes d'un peu moins de 1.000 tonnes par an actuellement à quelque 3.000 tonnes à moyen terme.


Brittany Ferries "est un outil qui nous appartient, alors autant s'en servir pour emmener nos marchandises en Angleterre", souligne Yannis Moal, président de la section oignon de la Sica, à propos de la compagnie créée en 1972 par des agriculteurs bretons justement désireux d'exporter leurs produits outre-Manche.


"A chaque fois que les producteurs de légumes se sont tournés vers la mer, les hommes s'y sont retrouvés au plan économique", explique Jean-François Jacob, secrétaire général de la coopérative et vice-président de la Britanny Ferries.


Affrété par les producteurs, le navire, le deuxième plus grand bateau traditionnel français avec ses 47 mètres de long et sa capacité de 310 tonneaux, a largué les amarres lundi, direction l'île anglo-normande de Jersey, puis Portsmouth, avant d'atteindre Londres le 6 décembre pour une escale d'une dizaine de jours.
 


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