Enquête publique pour des hydroliennes au large de Cherbourg

Vendredi 19 août 2016 à 14h31

Deux projets de fermes hydroliennes "pilotes" au large de la pointe nord-ouest du Cotentin font l'objet d'enquêtes publiques depuis jeudi et pour un mois, a-t-on appris auprès de la préfecture de la Manche.


Les hydroliennes sont des turbines sous-marines qui produisent de l'électricité avec l'énergie des courants. Les deux projets sont prévus dans les très forts courants du raz Blanchard. Mené par EDF, avec DCNS, "Normandie Hydro" prévoit 7 hydroliennes de 16 mètres de diamètres, à 3,5 km de Goury (Manche), à une trentaine de mètres de profondeur, sur une surface de 28 hectares, a indiqué à l'AFP un des commissaires enquêteurs à la mairie de Jobourg, une des six communes concernées par l'enquête publique. L'autre, baptisé "Nepthyd" mené par Engie avec Alstom, prévoit 4 hydroliennes de 18 mètres de diamètre sur 17 ha, non loin de "Normandie Hydro".

EDF espère démarrer les travaux en 2017 et Engie en 2018, selon le commissaire. Les industriels évaluent à deux ans environ la durée des travaux.

Les hydroliennes de Nepthyd affichent un puissance de 1,4 MW chacune (de quoi alimenter 15.000 personnes en électricité), celles de Normandie Hydro 2 MW.

L'association de défense des milieux marins Robin des bois est "absolument contre ces projets" en zone Natura 2000, a rappelé jeudi à l'AFP son président Jacky Bonnemains. "Le raz Blanchand, c'est un torrent sous-marin à la fonctionnalité écologique majeure. S'attaquer à lui, c'est comme s'attaquer au Mont Blanc", a-t-il ajouté.

Actuellement, seules deux hydroliennes sont immergées au large des côtes françaises, près de l'île de Bréhat (Côtes d'Armor). Elles doivent être raccordées au réseau "durant l'été", indiquait en juin DCNS qui les a conçues. Elles devraient alors former le premier parc, en France et dans le monde, d'hydroliennes raccordées via un seul câble au réseau national de distribution d'électricité, selon DCNS qui a un projet similaire au large du Canada.

Selon DCNS, le projet de Bréhat vise à montrer la faisabilité technologique des hydroliennes, tandis que celui du raz Blanchard vise à "démontrer le modèle économique hydrolien". La troisième étape serait l'ouverture de "fermes commerciales" de 50 à 150 unités (soit 300 MW) d'ici à 2023, selon DCNS. D'ici là, l'industriel annonce des "coûts divisés par trois".

Cette énergie fait l'objet de subventions. Pour le projet Nepthyd par exemple, la France prévoit de verser 51,23 millions d'euros, au moyen d'une subvention directe et d'avances qui seront remboursées "si la technologie devait tenir ses promesses", selon une source proche du dossier.


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