Vendée Globe : La maîtrise des coûts, enjeu d'avenir

Mardi 6 novembre 2012 à 17h39


Les organisateurs du Vendée Globe, dont le départ sera donné samedi, réfléchissent, pour l'édition 2016, à maîtriser les dépenses engagées par les skippers en raison de la crise économique et financière qui affecte les budgets parrainage des entreprises.


Plusieurs participants ont eu du mal à boucler leur budget et certains, comme Yann Eliès, ont renoncé à s'aligner.
"Vingt bateaux pour cette édition, c'est pas mal, mais c'est l'arbre qui cache la forêt. Beaucoup de sponsors pourraient se retirer après ce Vendée Globe", affirme ainsi Eliès. "Aujourd'hui, avec la crise, je serais tenté de dire qu'il faut essayer de revenir à des choses qui coûtent un peu moins cher pour que la classe Imoca retrouve un second souffle", ajoute-t-il.
Eliès, qui avait dû abandonner sur le Vendée Globe 2008-2009, évoque "une sorte de fuite en avant technologique": "les budgets recherche et développement sont beaucoup trop importants, à mon avis".


Le coût de construction d'un bateau et le budget de fonctionnement des équipes des skippers vont croissant, professionnalisation oblige, quel que soit le retour sur investissement pour les parraineurs.


En tout, s'aligner sur le Vendée Globe coûte de 1 à 2,5 millions d'euros par an, tout compris, selon Luc Talbourdet, président de la classe Imoca.


"Evidemment qu'on réfléchit à une maîtrise des coûts. On ne peut pas faire comme si de rien n'était. Ou la crise s'en ira, ou elle perdurera. Mais notre responsabilité est de prendre l'hypothèse la plus prudente", explique Bruno Retailleau, sénateur, président du Conseil général de Vendée (ouest) et à ce titre président de la société organisatrice de l'épreuve.


L'organisation réfléchit ainsi, avec la classe Imoca, à plusieurs pistes pour la prochaine édition : passer en monotypie, avec des bateaux strictement identiques, ou garder l'actuelle formule en ajoutant des contraintes de jauge sur la quille ou le mât, par exemple.


"Mais ce n'est pas simple", explique M. Retailleau. "Car il faut que la course reste ouverte à des PME sans tuer le mythe. Et, à côté des aventuriers qui veulent juste terminer, aux skippers venus pour gagner. L'élément technologique est important, car il faut intégrer la part du rêve dans le raisonnement financier", conclut-il.
 


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