Des skippers "comme des astronautes en orbite"

Jeudi 8 novembre 2012 à 07h41


Les marins du Vendée Globe, course en solitaire autour du monde et sans escales dont le départ sera donné samedi des Sables d'Olonne (centre-ouest), seront "comme des astronautes en orbite pendant trois mois", selon le médecin français de l'organisation, le Dr Jean-Yves Chauve.


Les maux dont souffrent les concurrents -qui vont parcourir quelque 24.000 milles (environ 43.200 km) sur trois océans à la barre de monocoques de 18,28 m- sont "très variés et ils ont beaucoup d'imagination", plaisante le Dr Chauve, qui a officié à ce poste dès le premier "Vendée", en 1989-1990.


Le retour aux Sables d'Olonne ne signifiera pas forcément la fin des bobos pour des marins qui auront été "comme des astronautes en orbite pendant trois mois autour du globe", selon lui.


"Pendant leur tour du monde, le système immunitaire (des skippers) aura été mis au repos, affirme le Dr Chauve. A l'arrivée, ils seront à nouveau confrontés à une multitude d'agressions microbiennes susceptibles de déclencher de petites infections".


"En mer, poursuit-il, les blessures les plus fréquentes sont d'ordre traumatique : au niveau des côtes, du thorax, des lombaires et des mains". Lors des six précédentes éditions, le médecin officiel du Vendée Globe a également relevé des claquages musculaires et des infections cutanées (irritations, furoncles) dues à l'humidité et au sel.


"Les bateaux sont plus durs aujourd'hui que dans le passé, indique-t-il. Ils sollicitent plus les organismes et il faut être bien préparé physiquement pour tenir le coup car les efforts peuvent être explosifs. Le Vendée Globe est devenu un sprint planétaire..."


Avant de prendre le départ, tous les concurrents doivent passer des examens médicaux (échographie cardiaque et test d'efforts, notamment), rappelle Jean-Yves Chauve. Pour les dents, pas de passage obligatoire chez le dentiste mais les coureurs le font systématiquement : "au niveau des performances, il serait suicidaire de ne pas le faire".


"La fatigue est le principal ennemi des skippers, affirme encore le Dr Chauve. Cela se traduit par une perte de clairvoyance, des manœuvres exécutées dans la précipitation" sur des bateaux surpuissants où la moindre erreur se paie cher.
 


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