Sam Davies, navigatrice au cœur de pirate

Jeudi 8 novembre 2012 à 13h57

Mots clés : ,


Quand on lui demande qui est son modèle de marin, la navigatrice britannique Samantha Davies, qui s'apprête à prendre le départ de son deuxième Vendée Globe répond, bravache : "Captain Jack Sparrow!"


Loin du pirate déjanté à la barbe tressée incarné par Johnny Depp dans Pirate des Caraïbes, c'est une belle jeune femme blonde de 38 ans aux yeux bleus qui poursuit: "depuis le dernier Vendée Globe, ce qui m'a le plus manqué, c'est le sud..."
Mais le sud, pour Samantha comme pour les 19 autres marins qui partent samedi, n'est pas synonyme de plages ensoleillées, de mers chaudes et de cocotiers. Le sud de "Sam", comme tout le monde l'appelle sur le ponton, c'est "la glisse, le vent fort, les énormes vagues. Et puis, le Cap Horn, la dernière fois je ne l'ai pas très bien vu, j'ai envie d'aller plus près", minaude-t-elle presque.


Qu'on ne s'y trompe pas: derrière ce ravissant physique, que Roxy en 2008 puis Saveol pour l'édition 2012 ont choisi pour incarner leur marque sur le Vendée Globe, il y a une solide lignée de marins, et c'est de l'eau salée qui coule dans ses veines.


Le grand-père maternel construisait des bateaux. Côté paternel, l'autre grand-père était sous-marinier dans la Royal Navy pendant la Deuxième guerre mondiale.


"Avant mon premier tour du monde, il m'a donné son Saint-Christophe", raconte Samatha en exhibant fièrement une petite médaille en or sur une chaîne autour de son cou. "J'ai lu ses mémoires: il a fait des choses bien plus fortes, plus courageuses, plus dangereuses que ce que nous on va faire" dans cette course, assène-t-elle.


Avec des parents eux-mêmes bercés tout jeunes par la mer, Samantha a passé toutes ses vacances d'enfance en bateau, souvent en Bretagne, dans l'ouest de la France où elle habite désormais, même si son sport de jeunesse, toujours dans l'eau certes, c'était la natation synchronisée.


Depuis le bateau de ses parents, elle a assisté aux départs des grandes courses anglo-saxonnes comme la Whitbread (course autour du monde en équipage avec escales) ou l'Admiral's Cup (sorte de championnat du monde course au large).


Mais ce n'est que progressivement, au fil d'opportunités d'engagements dans des équipages alors qu'elle achevait ses études d'ingénieur à l'Université de Cambridge, où ses capacités scientifiques et maritimes étaient recherchées, qu'elle est progressivement entrée dans le monde de la course à voile, puis surtout, de l'épreuve en solitaire.


En 2009, pour son premier Vendée Globe, elle a terminé quatrième, à une heure vingt minutes du troisième, le Français Marc Guillemot.


Depuis, elle a changé de sponsor, de bateau, et... est devenue maman, en septembre 2011, d'un petit Ruben. Et ne lui demandez pas si "ce n'est pas trop dur" de laisser pendant trois mois son fiston d'un an à terre. "Il y a d'autres skippers du Vendée qui ont des tout petits enfants. Mais moi, comme je suis une femme, on me pose tout le temps la question... Pour moi, le plus dur, c'est pour ceux qui restent", souligne-t-elle.
 


SERVICE:
Toutes les prévisions météo du littoral et en mer pour la France par téléphone au 3201*.
Toutes les prévisions météo de vos voyages et vos navigations à l'étranger au 3264**.
Recevez la newsletter
tous les jeudis
Fermer
Recevez chaque jeudi les coups de coeur de la rédaction