Mini Transat : l'heure du bilan

Lundi 5 octobre 2015 à 14h07

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Après l’effort, le réconfort. En fêtant l’arrivée de Maxime Eveillard (Heli Strategy), les coureurs de la Mini Transat îles de Guadeloupe ont mis un point final sur cette première étape. Seul l’Espagnol Nacho Postigo (Vamos Vamos) dont le bateau s’est échoué lors du remorquage de sortie de Douarnenez n’est pas encore à bon port. Son Argo 6,50 doit recevoir une nouvelle quille avant qu’il ne puisse convoyer son bateau depuis le Portugal pour être présent au départ de la deuxième étape.


A l’heure de faire le bilan de cette première étape, le sentiment dominant chez les concurrents de cette édition est avant tout la satisfaction. Satisfaction d’avoir rallié les Canaries sans de trop gros bobos, d’avoir profité de conditions quasiment parfaites tout au long des 1245 milles de cette première étape. Il en reste quasiment le double à faire et chacun s’accorde à dire que les jeux sont loin d’être joués à l’aube de traverser l’Atlantique.

 

Des leaders solides mais pas invincibles

En série comme en prototype, les deux vainqueurs de l’étape Ian Lipinski (Entreprises Innovantes) et Davy Beaudart (Flexirub) ont pris un avantage indéniable puisque chacun laisse ses poursuivants à bonne distance. En prototype, 9 heures séparent le leader de ses poursuivants, alors qu’en série, Tanguy Le Turquais (Terréal) pointe à 6 heures du vainqueur de l’étape ; des écarts conséquents mais qui n’ont rien d’irrémédiables. En 2013, Benoît Marie pointait à près de cinq heures de Giancarlo Pedote au passage de Lanzarote, ce qui ne l’avait pas empêché de remporter l’épreuve de quelques heures à Pointe-à-Pitre. Clairement, le jeu reste ouvert sur cette seconde étape.

 

Pas de record de vitesse

Même si cette édition a été rapide, aucun record n’a été battu lors de ce premier tronçon. C’est vrai pour le temps total pour rejoindre Lanzarote, même si l’on manque de référence au départ de Douarnenez, ça l’est encore plus sur les distances parcourues en 24 heures. Le plus rapide sur 24 heures a été Frédéric Denis (Nautipark) qui avec 243,5 milles parcourus est loin des 305 milles de Bertrand Delesne sur Les Sables – Les Açores – Les Sables en 2010. De même, en bateau de série, le record de 245 milles de Xavier Macaire, le tout récent Champion de France de Course au Large, tient toujours.

 

Un élastique qui s’est tendu

Sur cette édition, les dernières heures de course ont été déterminantes. Pour preuve, les plus grands écarts relevés entre le leader et son poursuivant immédiat sont datés de la journée du 26 septembre, date d’arrivée des premiers bateaux. C’est bien dans les derniers milles que les deux leaders ont fait la différence, profitant de conditions météo favorables pour distancer un peu plus leurs adversaires.
Plusieurs concurrents ont fini hors temps cette première étape, c’est à dire qu’ils sont arrivés au delà du temps du premier, plus 6 jours. A décharge de tous ces navigateurs, tous ont dû faire escale dans un port. De plus, le vent a molli progressivement par le nord de la zone aggravant la fracture entre la tête de course et le gruppetto, les attardés de cette première manche. Katrina Ham (katrinahamracing.com), dernière classée de cette première étape, a compté quant à elle jusqu’à 417 milles de retard sur le leader. Soit un écart de près de 35% du temps de référence. Conditions météorologiques, différences de préparation et d’objectifs sont quelques uns des paramètres qui expliquent ces écarts conséquents.

 

Inventaire

Au final, 15 concurrents ont dû s’arrêter dans un des ports des côtes espagnoles et portugaises. Pour huit d’entre eux, l’escale s’est traduite ensuite par un abandon. On citera la ténacité d’un Fidel Turienzo (Satanas) qui est arrivé au Portugal avec un mât en trois morceaux, a réparé dans le délai de 72 heures légales pour finir cette première étape. Fidel est d’ailleurs déjà en route pour acheminer un nouveau mât à Lanzarote et prendre le départ de la deuxième étape avec un gréement sécurisé.
Les Espagnols font preuve d’une belle détermination : Nacho Postigo, victime involontaire d’un échouage lors du remorquage de son bateau à Douarnenez se bat pour être présent au départ de la deuxième étape. Il a obtenu du jury de la course le droit de réparer son bateau et de courir cette deuxième manche sans avoir pu participer à la première… Son classement global sur l’épreuve sera calculé par le cumul de son temps de la deuxième étape et de celui (théorique) de la première étape correspondant à la même place. S’il finit 5e de la deuxième étape, il se verra donc affecter le temps du 5e de la première étape. Précision d’importance, son classement ne pourra pas affecter les places des autres concurrents.

 

Le plus malin

A tout seigneur, tout honneur, c’est à un volatile que revient la palme de la course la plus intelligente. Maxime Eveillard, reparti de La Corogne dans le tout petit temps a eu la surprise au cap Finisterre de devenir l’hôte d’un pigeon voyageur. L’oiseau bagué conformément aux règles des colombophiles a été identifié à l’arrivée par son numéro. Il n’a fallu que quelques minutes à l’arrivée pour découvrir que son propriétaire résidait à Santa Cruz de Tenerife. A peine arrivé à Lanzarote, le pigeon s’est soudainement envolé sans demander son reste, sans même un mot de remerciement, direction plein ouest vers son domicile.


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