Armel Le Cléac'h, de l'eau de mer dans les veines

Vendredi 20 janvier 2017 à 14h28

"Pudique et discret. Et avec de l'eau de mer dans les veines": c'est ainsi que Jean-Gabriel Le Cléac'h décrit son fils Armel, vainqueur jeudi de la plus prestigieuse course en solo à la voile dans le monde, le Vendée Globe.


A 39 ans, ce petit-fils de marin-pêcheur a enfin réussi ! Pour sa 3e tentative - et après deux 2e places frustrantes - il a été le maître de l'eau tout autour du monde, avec une détermination et une totale maîtrise de son élément, à bord de son monocoque Banque Populaire VIII.

"Quand on le met sur un bateau, ce n'est plus du tout la même personne. C'est un compétiteur dans l'âme, très minutieux. Il ne hurle pas, c'est un animal à sang froid et on le sent extrêmement motivé, le couteau entre les dents", explique à l'AFP Ronan Lucas, directeur du Team Banque Populaire et de tous les projets d'Armel Le Cléac'h depuis 6 ans.

C'est vrai qu'à le voir comme ça, à terre, avec son regard doux, son sourire quasi permanent et sa retenue, difficile d'imaginer la métamorphose qui s'opère quand il pose le pied sur un bateau. Et pourtant ! Sur l'eau, c'est un "chacal", son surnom. "Quand il passe en mode compétiteur, c'est surprenant la manière dont il se transforme. Il s'impose avec un naturel incroyable. Il ne lâche pas sa proie ni son objectif, c'est quelqu'un de très tenace. Il a très peu de faiblesse sur l'eau", confie Lucas.

Personne n'oubliera le mano a mano qu'il a livré durant un mois et demi sur cette 8e édition du Vendée Globe avec le Gallois Alex Thomson, un navigateur de grand talent complètement fou et aussi acharné que le Breton.

Mais le Cléac'h n'avait vraiment pas l'intention de laisser filer cette victoire, pour laquelle ce père de 2 enfants s'est préparé sans relâche pendant 4 ans, après avoir fini 2e la fois précédente, comme lors de l'édition 2008-2009. "Ça lui a donné une surmotivation pour se présenter sur ce Vendée Globe-là", explique Lucas. Et puis, dans un coin de sa tête, il y avait aussi une envie de prouver qu'il n'était pas un éternel deuxième. "Ça l'agace un peu qu'on l'appelle "le Poulidor de la voile" quand même. C'est dur. Et totalement injustifié", dit Lucas.

Car Armel Le Cléac'h a maintes fois gagné. Il a notamment été sacré deux fois sur la Solitaire du Figaro (2010 et 2003) et a remporté The Transat en 2016.

Il n'avait d'ailleurs que 10 ans quand il a décroché sa première victoire sur une régate, à Térénez (Finistère). "J'étais très fier de ramener la coupe à la maison, je me sentais comme un vrai champion du monde!" a-t-il raconté.

Sa passion de la navigation, il la doit à son père, un dentiste qui emmenait femme et enfants (3 garçons et 1 fille) tous les ans naviguer durant l'été vers la Bretagne sud. "Une fois, on est même allé jusqu'en Irlande", se souvient l'aîné de la fratrie, Gaël, qui a ouvert la voie de la compétition avant de passer le flambeau à son cadet, Armel.

Désormais, il fait le tour du monde en solitaire. Et même s'il n'en laisse rien paraître - un trait de famille - il n'en demeure pas moins heureux sur son bateau comme un poisson dans l'eau.


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