Retour sur les conférences de presse de Jean-Pierre Dick, Yann Eliès et Jean Le Cam

Jeudi 26 janvier 2017 à 17h20

Après le formidable spectacle qu'ils nous ont offert aujourd'hui, arrivant tous les trois dans un intervalle de moins de trois heures, Jean-Pierre Dick, Yann Eliès et Jean Le Cam se sont livrés au traditionnel exercice de la conférence de presse. Morceaux choisis.


Jean-Pierre Dick (StMichel-Virbac) :
« Cette course développe une force mentale incroyable »
« J'aurais préféré une arrivée sans pression mais ça restera un bon souvenir pour nous ! J'étais poursuivi par Yann (Eliès) et Jean (Le Cam), deux triples vainqueurs de la Solitaire du Figaro. Et devant moi il y avait Jérémie (Beyou), qui lui aussi a gagné trois fois cette épreuve. J'ai eu des pépins techniques qui m'ont fait déraper un peu, j'aurais aimé être dans la bataille avec Armel (Le Cléac'h) et Alex (Thomson). Mais j'ai quand même été en compétition pendant toute la course. Le Vendée Globe développe une force mentale incroyable. C'est un truc de dingue de se retrouver face à soi-même si longtemps. Cette aventure m'enrichit à chaque fois et me donne plus de force. Mais il faut une forme physique incroyable pour participer au Vendée Globe et je ne sais pas si j'en ferai un autre. Maintenant, j'ai envie de choses simples, comme bien manger et dormir.
Parmi les moments marquants de ce Vendée Globe, je retiens mon passage dans le détroit de Bass (entre l'Australie et la Tasmanie, NDR) pour gérer une grosse dépression. Cette décision, proposée par un routage, n'était pas facile à prendre mais finalement elle s'est avérée payante car j'ai pu distancer Yann et Jean. Mais c'était un peu chaud car il n'y avait que 20 mètres de fond par endroits !
»

Yann Eliès (Quéguiner-Leucémie Espoir) :
« Je veux revenir sur le Vendée Globe avec un foiler, et gagner ! »
« C'était un vrai bonheur de se battre contre deux grands marins comme Jean-Pierre (Dick) et Jean (Le Cam). Je me suis vraiment immergé en mode Figaro ces derniers jours, et surtout ces dernières heures. C'est parfait pour ma préparation pour la prochaine Solitaire ! Jean-Pierre est un vrai Figariste maintenant, il a été intronisé (rires). J'ai la tête qui tourne ! J'ai l'impression d'arriver d'une autre planète... J'ai du mal à passer du mode ermite au mode terrien. Donc je ne suis pas encore prêt à faire de bilan. Mes objectifs sont atteints car je voulais terminer dans le Top 5, et premier bateau à dérives droites. Je n'ai pas trop réfléchi à mon accident d'il y a huit ans. Mais à un moment donné, j'ai dû aller en tête de mât et j'ai refusé. C'est là que j'ai compris que j'avais encore quelques séquelles… Mais voilà, terminer ce Vendée Globe panse les plaies ! J'ai envie de deux choses : retrouver mes enfants et ma femme ce week-end au coin du feu, chercher mon pain et mon journal, tranquille. Et j'ai aussi envie de retourner sur mon Figaro, le couteau entre les dents pour remporter une quatrième victoire dans la Solitaire cet été. Et à plus long terme, je veux revenir sur le Vendée Globe avec un foiler, et gagner ! »

Jean Le Cam (Finistère Mer Vent) :
« Mon plus beau Vendée Globe ! »
« Ce Vendée Globe a été mon plus beau, sans hésitation ! J'ai pris du plaisir et j'ai énormément appris. Et je pense avoir donné du plaisir aux gens. D'ailleurs c'est grâce à eux que je suis ici. Depuis trois jours j'ai fait une croix sur mes chances de rattraper Yann (Eliès). Je pensais qu'il arriverait 5 ou 6 heures avant. En fait, il y a seulement 1h30 d'écart, on ne va pas se plaindre ! Et je suis heureux d'avoir terminé mon tour du monde en 80 jours, comme dans l'histoire de Jules Verne. Etre au départ constituait déjà un soulagement, passer le cap Horn en était un autre. Et terminer c'est le bonheur. Je suis content, tout simplement. Je n'ai jamais manqué de bonne nourriture pendant la course. Je l'ai déjà dit : le lyophilisé, c'est pour les feignants. Moi je mangeais bien, mais je devais matosser ! Je ne sais pas si j'irai accueillir Bernard (Stamm) et IDEC Sport à Brest demain pour le record du Trophée Jules Verne. Dans l'état où je suis, il me faudrait peut-être une ambulance pour faire la route (rires). Je vais lui faire un « clac clac clac », ça sera plus facile. »


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