Vendée Globe : mur de bosses dans l'Atlantique Nord

Lundi 6 février 2017 à 11h03

A quatre pattes dans leur niche de carbone, cramponnés comme dans un manège de fête foraine, incapables de se faire à manger ni de fermer l'œil sous ces coups de boutoir engendrés par une mer affreuse, Arnaud Boissières, Fabrice Amedeo et Alan Roura naviguent dans des conditions de mer et de vent « casse-bateaux ». L'Atlantique Nord n'est décidément pas coopératif depuis que les 7 premiers concurrents du 8e Vendée Globe ont posé pied à terre. Nandor Fa, en avant d'une dépression, devrait rencontrer demain des rafales à 50 nœuds à l'entrée du golfe de Gascogne avant de franchir la ligne d'arrivée dans la nuit de mardi à mercredi. Quelle fin de course éprouvante !


Comme des animaux dans leur terrier…
« Je suis admiratif de mon bateau qui tient le choc, mais je stresse quand même car je sens qu'il fatigue » racontait Arnaud Boissières (La Mie Câline) à la vacation de midi, par vent de travers sur une mer forte, arrosé d'embruns et de poissons volants. Les conditions dans les Alizés de l'hémisphère Nord sont dures. « Probablement les plus dures de ce tour du monde » ajoutait Alan Roura (La Fabrique) joint également ce midi. Si pour le benjamin de la course le tour de manège devrait encore durer 4 jours, pour Cali et Fabrice séparés de moins de 40 milles, le calme devrait s'annoncer dès demain car l'anticyclone des Açores n'est plus très loin… Oui mais ! La suite promet d'être bien longue : tour par l'ouest obligatoire avant de mettre le cap vers Les Sables d'Olonne… entre le 16 et le 18 février.

Encore 60 heures de mer pour Nandor Fa, Eric Bellion attendu le samedi 11 février, Conrad Colman le lundi 13
« Je peux voir beaucoup de signes de fatigue du bateau, en particulier les voiles et des petits points de rupture. Il est temps d'arriver, temps de finir. Le mât semble bon, mais je croise les doigts. Toutes les drisses et écoutes sont fatiguées, comme moi. » confiait le skipper hongrois à la vacation devant une foule d'amis déjà présents aux Sables d'Olonne pour l'accueillir. Nandor entame sa dernière ligne droite à la manière d'un équilibriste.
Eric Bellion (CommeUnSeulHomme), 9e, et Conrad Colman (Foresight Natural Energy), 10e, dans le nord de l'anticyclone, savent bien que les conditions météo à venir vont être « rock'n roll ». Conrad racontait ce midi : « Mon itinéraire vers l'arrivée aux Sables d'Olonne présente deux options : soit, je prends un coup sur la tête vraiment dur, soit je prends un coup sur la tête vraiment, vraiment dur. Je peux aller au près avec 40 nœuds ou au portant avec 50 ! Ce n'est pas un choix facile. Quoi que je fasse, ce sera difficile et inconfortable. »

Rich Wilson, une nouvelle de coupe de cheveux et la tête à l'endroit !
Le skipper de Great American IV vient tout juste de franchir l'équateur et a offert ses cheveux à Neptune ! Disons plutôt, que c'est pour mieux supporter les 30° à l'ombre… Pour lui aussi, le Pot au Noir sera peu actif et devrait le laisser rentrer rapidement dans les alizés. Didac Costa (One Planet One Ocean) et Romain Attanasio (Famille Mary-Etamine du Lys) naviguent toujours collés-serrés (20 milles d'écart) dans les alizés de l'hémisphère sud pour 15 nœuds. Pieter Heerema (No Way Back), à 600 milles derrière le duel, commence à accélérer dans les mêmes alizés, tandis que Sébastien Destremau (TechnoFirst-faceOcean) peine dans l'anticyclone de Sainte-Hélène à 4 700 milles du but.


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