Vendée Globe : Pieter Heerema « comme dans les mers du Sud… »

Mardi 28 février 2017 à 17h32

Pieter Heerema a repris le fil de sa route. Nous avons pu le joindre dans l'après-midi et il nous a raconté « des creux incroyables ». Il n'a plus que 500 milles à couvrir dans des conditions musclées pour finir ce Vendée Globe, probablement jeudi. Pendant ce temps, Sébastien Destremau, lui, entre dans une zone de vents faibles.


Pieter Heerema a pu être joint en vacation ce mardi après-midi, alors qu'il est de nouveau en route vers Les Sables d'Olonne, après une quinzaine d'heures à éviter de gagner dans le Nord, afin de laisser passer le gros coup de vent devant lui. Il navigue cet après-midi à la latitude de La Corogne et n'a donc plus « que » le golfe de Gascogne à traverser pour prendre la 17e place du Vendée Globe, probablement jeudi en milieu de journée. No Way Back progresse prudemment, à 9 nœuds cet après-midi, environ 120 milles par le travers du rail de séparation du trafic du cap Finisterre. Un endroit pas vraiment réputé pour son hospitalité par coup de vent, comme le confirme Pieter : « l'état de la mer est impensable. C'est comme dans les mers du Sud… avec des creux incroyables. »

« Je suis heureux »
A 500 milles de l'arrivée, c'est donc sportif pour le Néerlandais : « la mer est forte et le vent vient plus du Sud que prévu, ce qui signifie que je ne peux pas abattre assez pour éviter de taper dans les vagues. Cela me ralentit. J'espère que le vent reviendra plus à droite pour me permettre de mieux négocier les vagues. Car pour le moment ça tape beaucoup et c'est dur pour le bateau. » Même en étant prudent, Pieter devrait réussir à boucler son tour du monde d'ici une cinquantaine d'heures, probablement jeudi soir, au rythme moyen de 250 milles par vingt-quatre heures. Il gère. « Je me vois toujours arriver le 2 mars, vers 16h. Pour le moment je suis un peu en-deçà du rythme pour tenir cette ETA, mais j'espère bien rattraper mon retard ».
Le skipper de No Way Back a réussi au passage à se bricoler une antenne AIS de secours, après la perte de celle qui était installée en tête de mât. Cette antenne improvisée devrait lui permettre de mieux repérer les bateaux autour de lui, dans cette zone à fort trafic. Bref, les choses vont beaucoup mieux pour le Hollandais, après cet arrêt forcé pour cause de (trop) gros temps. Pieter confirme : « Je suis heureux. J'ai hâte de terminer ce voyage, mais les choses vont bien. Je serai certes encore plus heureux une fois au port ! » On veut bien le croire.

Vents faibles pour Sébastien Destremau
Autre zone de navigation, autres conditions météo, autre rythme : comme prévu le TechnoFirst-faceOcean de Sébastien Destremau commence à être ralenti dans une zone de hautes pressions, 780 milles par le travers de l'archipel des Canaries. Sébastien n'a pas pu faire mieux qu'une moyenne de 4,9 nœuds efficaces vers le but depuis le classement de ce midi. Son rythme sur 24 heures s'en ressent fatalement : 187 milles couverts seulement. A 1830 milles de l'arrivée aux Sables d'Olonne - qu'on peut estimer autour du 9 ou 10 mars - il était occupé cet après-midi à tenter de démarrer son moteur afin de produire l'énergie nécessaire à l'ordinateur de bord et aux instruments de navigation. Rappelons qu'il est aussi handicapé par la perte d'une de ses grandes voiles d'avant, le J2.
Le skipper de TechnoFirst-faceOcean va devoir prendre son mal en patience et guetter le moindre souffle favorable pour progresser vers les Açores qui sont encore 600 milles dans son Nord. D'ici plus ou moins deux jours, après l'arrivée de Pieter Heerema, il sera le 18e et dernier concurrent de ce Vendée Globe encore en mer. Mais il tient le bon bout pour tenir son objectif de boucler la boucle et réussir son tour du monde au rythme de son vieux bateau : lentement mais sûrement. Sa persévérance méritera un joli coup de chapeau au moment d'achever l'aventure, dans une dizaine de jours.


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