La Rochelle : des catamarans plus rapides et moins gourmands pour le transport de passagers

Vendredi 20 octobre 2017 à 07h11

Ils ont des faux airs de raie manta, filent à la surface de l'eau jusqu'à 110 km/h en consommant moins de carburant qu'un bateau classique: les catamarans innovants construits à La Rochelle par Advanced aerodynamic vessels (A2V) pourraient révolutionner le transport maritime de passagers.


AFP

Les catamarans "à portance dynamique" développés par la PME rochelaise (12 salariés) rappellent de face une raie, et de dos un crustacé préhistorique. "Il a été pensé comme un demi réacteur d'avion, ou une aile d'avion courbée vers l'eau", s'empresse de corriger Lionel Huetz, co-fondateur d'A2V.

Ces coques, aérodynamiques autant qu'hydrodynamiques, ont nécessité à elles seules deux ans de recherches et développement : avec des moteurs classiques et une subtile répartition des poids pour l'empêcher de se retourner, le catamaran atteint des vitesses de 40 à 60 noeuds selon les modèles (de 75 à 110 km/h), en restant des plus économiques. "En comparaison avec un bateau de même motorisation, le nôtre va deux fois plus vite et consomme en moyenne deux fois moins", résume M. Huetz.

Dans le transport de passagers, on estime aujourd'hui que pour aller à 100 milles des côtes à une vitesse moyenne de 40 noeuds, il faut un bateau de 36 mètres, pesant 120 tonnes et pouvant embarquer 40 personnes, soit une consommation par passager de 30 litres de carburant pour 100 km. "Nous, pour 60 passagers, nous proposons un bateau de 24 mètres qui consomme 10 litres par passager pour 100 km, et à 60 noeuds", assure le directeur général d'A2V, également ingénieur en architecture navale et docteur en hydrodynamique navale.

Au total, cela représente une économie de plusieurs millions de litres de fioul chaque année, un argument de poids pour l'environnement - encouragé d'ailleurs par des bourses de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe)- mais aussi pour la rentabilité d'un investissement de l'ordre de deux millions d'euros.

- Gabon et lac Léman -

Les performances des navires d'A2V sont liées à la structure du catamaran, qui a fait l'objet de nombreux brevets. La proue ouverte laisse entrer beaucoup d'air sous la plateforme, l'air s'y retrouve compressé, ce qui crée la fameuse "portance" soulageant le bateau d'une partie de sa masse. Plus léger, le catamaran a dès lors tendance à flotter au-dessus de l'eau et subit donc moins la résistance de l'océan et des vagues. Résultat: le bateau peut aller plus vite tout en consommant moins.

Encore mieux, "le bateau a besoin d'embarquer moins de carburant que les autres, ce qui réduit son poids et lui permet de fait d'aller plus vite plus facilement, la portance commençant autour de 25 noeuds. C'est un cercle vertueux", souligne Lionel Huetz.

Au total, il n'aura fallu que quatre ans à A2V pour concevoir et produire ces bateaux uniques en leur genre.

Un "crew boat" de 25 places doit rejoindre dans quelques semaines le Gabon et son propriétaire, une entreprise française spécialisée dans la logistique de soutien aux champs pétroliers en mer et à terre. Et une vedette de 12 places va prochainement être livrée à un armateur opérant sur le lac Léman pour un hôtel de luxe d'Evian (Haute-Savoie), à la recherche d'une alternative à l'hélicoptère pour transporter ses riches clients depuis l'aéroport ou le golf voisin.

Selon le type de navigation auquel ils seront destinés (fleuve, lac ou en pleine mer par tous les temps), les catamarans d'A2V présenteront des carènes différentes, auxquelles le célèbre architecte naval Marc Lombard (chez qui Lionel Huetz a travaillé) a prêté son concours.

 

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