Conflits entre pêcheurs autour de la Saint-Jacques

Mercredi 31 octobre 2012 à 13h58


La coquille Saint-Jacques sème la zizanie entre Français et Britanniques qui pêchent le même coquillage en Baie de Seine sans être soumis à la même réglementation, et les professionnels peinent à trouver une harmonisation, en vue de la faire entériner par Bruxelles.


Début octobre, à l'ouverture de la campagne en Baie-de-Seine pour les pêcheurs français, les retrouvailles avec leurs homologues d'outre-Manche ont été tendues, émaillées de noms d'oiseaux et de jets de pierres.


En cause, la différence de réglementation qui permet aux Britanniques de pêcher la coquille toute l'année, alors que les Français ne peuvent envoyer leurs bateaux en Baie-de-Seine que du 1er octobre au 15 mai, et seulement quatre marées par semaine.


Ecossais, Anglais et Irlandais viennent ainsi pêcher dans les eaux communautaires, ratissant avec leurs dragues le gisement de coquilles, face à des Français impuissants qui ne peuvent qu'observer la diminution de leur ressource jusqu'au mois d'octobre.


"Ils pillent une bonne part de nos ressources", déplore Paul Françoise, président de la commission "Coquillages" au comité national des pêches (CNPEM).


Le ministère français de la Pêche avoue son impuissance. "Le seul outil européen sur la coquille Saint-Jacques concerne sa taille minimale de 11 cm : tant qu'ils la respectent, il n'y a aucun moyen réglementaire d'empêcher les Britanniques de pêcher en Baie-de-Seine notamment", explique un expert du ministère.


Deux poids, deux mesures aussi pour la taille des flottes, puisque la pêche côté français se pratique de manière artisanale sur des bateaux qui n'excèdent pas 16 mètres, alors que les Britanniques exercent une pêche industrielle sur des bâtiments de plus de 30 mètres.


Différence enfin dans le mode de pêche. Pour Dimitri Rogoff, patron-pêcheur de Port-en-Bessin (Calvados) il y a le mode artisanal qui valorise les circuits courts, l'extra-frais et cimente le tissu social sur le continent. Et l'industriel comme le modèle écossais, avec quelques gros bateaux-usines, une main-d’œuvre étrangère bon marché pour le conditionnement à bord de grosses quantités de noix destinées à la grande distribution.


Depuis dix ans, des discussions sont engagées entre pêcheurs des deux rives de la Manche pour harmoniser les mesures techniques et les dates de fermeture de la pêche, sans réellement aboutir.


D'autant que certains tentent de remettre en cause le modèle artisanal de cette pêche et que règne une certaine cacophonie entre bretons, haut-normands et nordistes, explique M. Rogoff.


Une délégation française de pêcheurs se prépare à rencontrer leurs homologues britanniques dans l'espoir d'aboutir à un accord, pour le faire ensuite entériner par Bruxelles.
 


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