Naufrage du Sokalique : début du procès mardi

Lundi 12 novembre 2012 à 16h49


La justice pénale se penche, à partir de mardi à Brest, sur l'affaire du naufrage du Sokalique, caseyeur breton coulé en 2007 au large du Finistère après une collision avec un cargo immatriculé aux îles Kiribati, "un soulagement" pour la veuve du pêcheur qui avait perdu la vie.


Dans la nuit du 16 au 17 août, à 60 milles nautiques (110 km) de l'île d'Ouessant, dans les eaux internationales et alors que les conditions météo étaient bonnes, le Sokalique (19 m) et l'Ocean Jasper (80 m) étaient entrés en collision.


Le patron du caseyeur, Bernard Jobard, était resté à la barre jusqu'au dernier moment, "hurlant sa position à la radio pour alerter les secours", selon la défense. Les six autres marins avaient pu se hisser sur un radeau de survie, tandis que le vraquier poursuivait sa route sans prévenir les secours.


Armé par la société Onurhan Denizcilik, le cargo transportait un chargement de tôles d'acier appartenant à l'entreprise Onurhan Shipping. Les deux sociétés turques sont poursuivies, en tant que personnes morales, pour homicide involontaire, délit de fuite et omission de porter secours à personne en péril.


Le capitaine Rafik Agaev et son second, Aziz Mirzoyev, tous deux de nationalité azerbaïdjanaise, ont été mis en examen pour les mêmes chefs. Depuis mai 2011, ils font l'objet d'un mandat d'arrêt international, selon l'ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel de Brest.


L'enquête a révélé "un refus de priorité" du cargo et "un défaut de manœuvre d'évitement" résultant d'un "défaut de veille optique et radar". Le second, à la passerelle lors de l'abordage, a notamment admis avoir coupé l'alarme signalant la proximité des autres navires parce qu'elle... "n'arrêtait pas de sonner".


L'enquête a également révélé que les marins du cargo avaient constaté la collision, mais qu'ils avaient décidé de poursuivre leur route. Dans l'après-midi, l'armateur avait donné l'ordre au capitaine de regagner au plus vite les eaux internationales, le navire s'étant rapproché des côtes en raison d'une voie d'eau.


"Comme tous les armateurs du monde, moi aussi j'ai peur de l'Etat français. Un armateur préférerait que son bateau sombre plutôt que de rester saisi dans un port français", avait déclaré Mhemet Gomuc.


Représentant les deux sociétés poursuivies, celui-ci sera présent au procès, mais ce ne sera "vraisemblablement" pas le cas du commandant et de son second, a indiqué le procureur de Brest Bertrand Leclerc, qui présentera les réquisitions. Le procès, prévu de mardi à vendredi, pourrait ainsi être écourté si les deux prévenus ne s'y présentaient pas.


L'ancien président de la République Nicolas Sarkozy, qui avait assisté aux obsèques du patron-pêcheur finistérien, avait obtenu l'accord de son homologue des Kiribati pour que l'équipage soit jugé en France et non dans le pays d'immatriculation du cargo, comme le prévoit la convention des Nations unies sur le droit de la mer pour les accidents dans les eaux internationales. L'Ocean Jasper est consigné dans la base navale de Brest.
 


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