L'Argentine somme le Ghana de libérer sa frégate

Mardi 13 novembre 2012 à 12h55


L'Argentine, dont un navire-école est retenu depuis le 2 octobre au Ghana, a sommé lundi ce pays de libérer sa frégate sous peine de le poursuivre dès mercredi devant le Tribunal international du droit de la mer, alors que sur place la tension ne cesse de monter.


"Le gouvernement du Ghana a jusqu'à demain, mardi 13, pour prendre une mesure provisoire et libérer le navire", a dit lors d'une conférence de presse le ministre argentin des Affaires étrangères, Hector Timerman.


"S'il ne le fait pas, l'Argentine demandera au Tribunal international du droit de la mer que cette même mesure soit prise", a-t-il ajouté.


Ce tribunal, dont le siège se trouve à Hambourg (Allemagne), est un organe judiciaire indépendant créé par la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, compétent pour tous les différends relatifs à l'interprétation ou à l'application de la Convention.
Une plainte du fonds d'investissement NML Capital Limited est à l'origine de la détention du Libertad.


Ce fonds basé aux Iles Caïman, un paradis fiscal, réclame plus de 370 millions de dollars (283 millions d'euros) à l'Argentine, après avoir refusé des offres d'échange de titres de dette à deux reprises, en 2005 et 2010.


L'Attorney General adjoint du Ghana, Ebo Barton-Odro, a néanmoins écarté toute libération du navire. "Les tribunaux se sont prononcés", a-t-il dit, ajoutant: "Nous ne pouvons pas interférer".


Pour l'Argentine, la décision du Ghana de retenir le navire viole les traités internationaux. Pour Accra, en revanche, il s'agit d'une décision de la justice, qui est indépendante.


A port de Tema, à 25 km d'Accra, où le navire est retenu, la situation est de plus en plus tendue.


Les marins argentins ont brandi mercredi leurs armes pour empêcher les autorités portuaires ghanéennes de changer le bateau de place.


Les autorités du port ont essayé de faire déplacer le Libertad pour que le navire ne gêne pas les opérations commerciales en occupant un espace précieux à quai.


Mais les marins se sont emparés de leurs fusils, contraignant les autorités à renoncer à faire déplacer le bateau.


"Ils braqué leurs fusils vers nous et ont menacé de tirer si nous abordions le navire", a raconté le directeur du port de Tema par intérim, Jacob Kwabla Adorkor.


"J'ai eu au téléphone le ministre de la Défense du Ghana" Joseph Henry Smith, a déclaré de son côté son homologue argentin Arturo Puricelli, qui s'exprimait aux côtés de M. Timerman. "Cela a permis un retour au calme jusqu'à aujourd'hui, même si le service d'électricité et d'eau n'a pas été rétabli", a-t-il ajouté.


Un porte-parole du port, Lawrence Atumbine, a toutefois dit que ni le courant, ni l'eau, ni l'approvisionnement en essence du navire "n'avaient été encore coupés", dans l'attente du résultat d'un recours de l'Argentine contre la décision de déplacer le navire.


Buenos Aires a dû organiser l'évacuation du bâtiment, rapatriant par vol charter d'Air France 280 marins. Quarante-cinq marins sont restés à bord de la frégate pour s'occuper de sa maintenance.


M. Timerman s'est rendu à l'ONU le 22 octobre pour demander de l'aide dans la libération de la frégate et s'y est entretenu avec le secrétaire général Ban Ki-moon.


Le président en exercice du Conseil de sécurité, l'ambassadeur du Guatemala Gert Rosenthal, a reconnu que "le droit de la mer protègeait les navires militaires des gouvernements membres, leur donnant un statut diplomatique".
Ban Ki-moon s'est engagé quant à lui à "recourir aux bons offices de son bureau pour parler au gouvernement du Ghana".
 


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