Extension des territoires maritimes au Nicaragua

Mardi 20 novembre 2012 à 13h56


La Cour internationale de Justice (CIJ) a reconnu lundi la souveraineté colombienne sur des îles situées dans le sud-ouest des Caraïbes, tout en étendant vers l'est le territoire maritime du Nicaragua, qui contestait l'appartenance de ces îles à la Colombie.


La CIJ, saisie dans le cadre du différend territorial maritime qui opposait les deux pays dans cette région riche en pétrole et autres minéraux, a reconnu la souveraineté colombienne sur l'ensemble des îles et îlots au centre du différend.


La Cour a par ailleurs accordé au Nicaragua plus de la moitié du territoire maritime disputé.


Le président colombien Juan Manuel Santos a rejeté la partie de l'arrêt concernant la délimitation de la frontière en estimant que la cour avait commis de "graves erreurs" dans son jugement au détriment de son pays, qui voit une partie de son territoire maritime passer au Nicaragua.
Il n'a cependant pas précisé quelle action il comptait entreprendre, les décisions de la CIJ n'étant pas susceptibles d'appel.


Son homologue nicaraguayen, Daniel Ortega, a lui qualifié de "victoire nationale" la restitution de zones maritimes où "les Colombiens s'étaient imposés par la force durant des années".
"La Cour conclut que la Colombie, et non le Nicaragua, est souveraine sur les îles d’Alburquerque, de Bajo Nuevo, cayes de l'Est-Sud-Est, Quitasueno, Roncador, Serrana et Serranilla", a déclaré le président de la CIJ, le Slovaque Peter Tomka, au cours d'une audience publique à La Haye, où siège la CIJ.


Le juge Tomka a notamment relevé que le Nicaragua n'avait jamais revendiqué ces territoires avant les années 1970 et que "la Colombie, pendant de nombreuses décennies, avait agi à titre de souverain sur les zones maritimes contestées".


Mais la Cour a défini une nouvelle frontière dans cette partie de la mer des Caraïbes, accordant au Nicaragua approximativement la partie du territoire maritime contesté qui ne se trouve pas à proximité des îles et îlots attribués à la Colombie, évoquant une "disparité importante" en faveur de la Colombie entre les eaux nationales des deux pays à cet endroit.


Le Nicaragua avait saisi le 6 décembre 2001 le plus haut organe judiciaire des Nations unies, lui demandant de conclure qu'il exerce en particulier sa souveraineté sur les îles de Providencia et de San Andres, ainsi que sur les îlots de Roncador, Serrana et Quitasueno, dans la mer des Caraïbes.


Managua demandait en outre à la CIJ de déterminer le tracé d'une frontière maritime unique entre le Nicaragua et la Colombie, dans une zone où la pêche est importante.


Selon le Nicaragua, la Colombie, en revendiquant la souveraineté sur ces îles et îlots d'une superficie terrestre totale de 44 kilomètres carrés et d'une longueur de côtes inférieure à 20 kilomètres, entend s'approprier plus de 50.000 kilomètres carrés d'espaces maritimes appartenant au Nicaragua.


Dans le cadre d'un traité signé en 1928, le Nicaragua reconnaît la souveraineté de la Colombie sur les îles de San Andres et Providencia.


La CIJ avait en 2007 reconnu la souveraineté de la Colombie sur les îles Providencia et San Andres en vertu de ce traité, mais avait également indiqué qu'elle se prononcerait ultérieurement sur le tracé d'une frontière maritime et définirait la souveraineté sur les autres îles et îlots.

 


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