Concordia : une journée de commémorations

Lundi 14 janvier 2013 à 10h51

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Familles endeuillées par le naufrage du Concordia, survivants et habitants de la petite île toscane du Giglio ont pris part dimanche avec émotion à une journée de commémorations pour "panser les blessures" engendrées par la tragédie qui a coûté la vie à 32 personnes il y a un an.


Pour Anne Decré, du Collectif des naufragés français, le Giglio a organisé des cérémonies "dignes" de ses habitants et de leur sens de l'accueil.
"Cela répondait à un besoin des familles des victimes et des rescapés. Nous attendions d'être ensemble réunis comme nous l'avons été il y a un an et comme nous le sommes depuis", a-t-elle déclaré, souhaitant que cette journée aide à "panser les blessures".


Dans la matinée, un ferry a emmené les familles endeuillées à l'endroit où le navire a heurté un rocher. Elles se sont recueillies, le regard perdu dans le vide, puis ont jeté des bouquets à la mer, pendant que les vedettes des gardes-côtes faisaient retentir leurs sirènes 32 fois.


"Je suis venue pour rendre hommage à ma soeur. Etre ici est une émotion très forte, c'est comme si je la retrouvais", a expliqué la Péruvienne Madelein Soria, en évoquant Erika, qui servait dans un des bars de l'immense paquebot de croisière.


Susy Albertini, maman de la seule enfant victime du naufrage, sa fille de 5 ans, décédée avec son père, demande que "justice soit faite".


Dix personnes sont placées sous enquête pour la tragédie, dont le capitaine Francesco Schettino, considéré comme le principal responsable du naufrage. Le procès ne devrait pas avoir lieu avant des mois.


Interrogé sur une télévision italienne à Meta di Sorrento (sud) où il est assigné à résidence, le capitaine a affirmé que "pour le reste de sa vie, il aura quelque chose qui le liera de façon très personnelle à cet événement et aux familles de victimes". Une nouvelle fois, il a rejeté la responsabilité du naufrage sur le timonier indonésien: "s'il avait compris les ordres, on serait juste passés à côté de l'île et rien ne se serait produit".


Parmi les officiels en tenue d'apparat venus au Giglio, Gregorio de Falco, chef de la Capitainerie du port de Livourne, qui fit figure de héros en ordonnant en termes peu châtiés au capitaine du Concordia de "retourner à bord" du navire qu'il avait abandonné.
"Je n'ai fait que mon devoir, je ne suis pas un héros. Je suis venu pour embrasser les familles des victimes et tous ceux qui ont souffert", dit-il.


Dans l'après-midi, des plaques ont été dévoilées dans le port, en hommage aux victimes et aux habitants, au son d'une musique infiniment triste jouée par la fanfare de l'île devant les familles rassemblées sur le quai étroit et battu par un vent glacial.

 


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