Après le typhon, le désespoir des pêcheurs philippins

Mercredi 20 novembre 2013 à 10h31

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Dans le village de Baybay, petit port philippin, la misère des pêcheurs n’a fait que s’aggraver après le passage du typhon Haiyan, qui a emporté avec lui bon nombre des navires de pêche. La plage a été lessivée, le village anéanti par le vent et des vagues de plusieurs mètres de haut qui ont plongé dans le désespoir les pêcheurs trahis par l'océan.


"Je n'ai jamais eu peur de la mer mais le jour où Yolanda est arrivé, j'ai pleuré", explique Cesar Magdua en désignant Haiyan par son nom local. L'homme de 54 ans, fervent catholique, a perdu son bateau et la foi dans l'océan d'où son père avant lui puisait comme à une source. "Nous n'avons pas eu le temps de mettre tous nos bateaux à l'abri, de les sortir de l'eau. Les vagues se sont fracassées à une vitesse folle, en emportant tout", dit-il, prenant à témoin un cocotier décapité par les rouleaux. "Le dicton est vrai, la mer reprend ce qu'elle donne", soupire-t-il.


Le 8 novembre, Haiyan a dévasté des îles du centre des Philippines avec des vents soufflant à plus de 300 km/h et des vagues de cinq à sept mètres qui ont pénétré loin à l'intérieur des terres. On recense provisoirement quelque 4.000 morts. A Baybay, le typhon a détruit 1.500 habitations, mais aussi les bateaux et les filets. Cesar Magdua ignore le nombre de villageois tués. Des cadavres sont ramassés quotidiennement.


"Je n'ai pas revu beaucoup de mes amis", confie simplement ce père de huit enfants qu'il a sauvés en les installant dans la maison d'un ami, à un kilomètre du rivage. "Le problème maintenant, c'est de survivre. On ne pourra pas toujours compter sur l'aide" d'urgence apportée par le gouvernement, les ONG et les États étrangers qui ont engagé d'importants moyens en hommes et matériel, se lamente le pêcheur.


Au bout d'un étroit chemin de côte, un conseiller municipal, Nonelon Wenceslao, organise l'abattage d'un porc errant. Autour de lui, une petite foule demande sa part. "Nous ne sommes pas riches, mais nous étions heureux, nous avions tout", assure Nonelon Wenceslao. "Il ne reste plus rien. Nos bateaux sont détruits. Comment commencer à reconstruire quand on n'a même pas de quoi survivre?".
 


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