Piraterie: les gardes privés autorisés sur les navires

Mercredi 30 avril 2014 à 09h53

L'Assemblée nationale a autorisé ce mardi les armateurs à faire appel à des sociétés de sécurité privée pour protéger les bateaux croisant dans des zones sujettes aux détournements et prises d'otages.


«C’est de la responsabilité de l’Etat que de s’assurer que les navires battant pavillon français ont les moyens de se protéger. Ce projet de loi permet d’assurer la sécurité de nos navires et de renforcer la compétitivité du pavillon français et du transport maritime», a plaidé le secrétaire d’Etat aux Transports Frédéric Cuvillier. L’État aura un rôle de régulateur : il s’assurera que les entreprises candidates sont aptes à exercer cette activité, puis contrôlera le respect des règles de leur part.

Actuellement, la France met à la disposition des navires exposés à ce risque l’équivalent de 152 personnels militaires de la Marine nationale (commandos marine ou fusiliers-marins). Depuis 2008, il n’est répondu favorablement qu’à 70% de la trentaine de demandes reçues chaque année, mais le besoin réel serait en fait supérieur aux demandes formulées.

Ce nouveau dispositif sera autorisé uniquement dans les zones à haut risque, l’usage de la force sera limité aux cas de légitime défense, et les conditions d’armement strictement encadrées. Il pourrait créer plusieurs centaines d’emplois spécialisés. A l’initiative du gouvernement, les députés ont voté des amendements fixant à trois le nombre plancher d’agents à bord, afin d’assurer une protection efficace d’un navire. Afin d’éviter la sous-traitance, l’armateur ne pourra avoir recours qu’à une seule société privée.

Sur les 15 pays de l’Union européenne disposant d’une flotte de commerce importante, 11 autorisent la présence d’entreprises privées armées à bord de leurs navires. Les conséquences économiques de la piraterie pour les armateurs sont évaluées entre 5,1 et 8,7 milliards d’euros par an au niveau mondial, du fait des dépenses de carburant dues à l’accélération de la vitesse dans les zones à risque, des coûts liés aux assurances, des dépenses de sécurité, et autres primes aux équipages.

Alors que 90% du transport des marchandises mondiales transite par la mer, plus de 230 attaques ont été recensées en 2013 par le Bureau maritime international.


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