"Le modèle de la piraterie est cassé"

Lundi 12 mai 2014 à 09h19

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La présence d'une armada internationale et les bonnes pratiques mises en œuvre par les armateurs ont quasiment réduit à néant la piraterie dans le golfe d'Aden et au large des côtes somaliennes. Mais la menace plane toujours et le phénomène ne demande qu'à reprendre.


La dernière prise d'importance des pirates somaliens, enregistrée par la Force maritime européenne Atalante (Eunavfor), remonte à mai 2012. Depuis, plusieurs navires ont été attaqués ou été la cible de manœuvres d'approches suspectes, mais les pirates somaliens ne sont parvenus à se rendre maîtres d'aucun d'entre eux.


Seuls quelques boutres ont été abordés. Maigre butin, alors qu'au tableau de chasse des pirates somaliens ont figuré dans le passé deux superpétroliers transportant chacun près de deux millions de barils de brut ou un cargo ukrainien chargé d'armes, notamment de chars d'assaut.


Maigres prises également pour le TCD (Transport de chalands de débarquement) Sirocco, durant ses quatre mois de mission en tant que vaisseau-amiral d'Atalante : cinq pirates arrêtés mi-janvier, à bord d'un boutre indien dont ils s'étaient rendus maîtres pour tenter en vain d'aborder un pétrolier.


Rien d'autre à signaler sur le front de la piraterie. Les navires d'Atalante se sont donc contentés d'imposer leur présence dissuasive, de surveiller la zone et de venir en aide aux embarcations en difficulté. Un pêcheur sud-coréen grièvement blessé a ainsi été opéré d'urgence sur un des navires d'Atalante.


"Le modèle économique (de la piraterie) est cassé", explique Etienne de Poncins, chef de la Mission européenne Eucap-Nestor, dont l'objectif est de développer les compétences et moyens maritimes des pays de la zone (Somalie, Djibouti, Kenya, Seychelles, Tanzanie) afin de leur permettre de surveiller leurs eaux territoriales.


Au plus fort de la piraterie somalienne en 2011, le Bureau maritime international (BMI) avait recensé 237 attaques attribuées à des pirates somaliens à travers l'océan Indien - des côtes somaliennes à la mer d'Oman. En 2013, il n'en a enregistré que cinq, qui ont toutes échoué.


"En mer, le phénomène est sous contrôle. Mais les pirates sont toujours là, on peut les voir sur les côtes", avertit néanmoins M. de Poncins.


Selon la BM, la piraterie somalienne "coûtait à l'économie mondiale 18 milliards de dollars annuels, renchérissant d'autant le coût des échanges, un montant qui éclipse le chiffre estimé de quelque 53 millions de dollars annuels payés en moyenne en rançons depuis 2005".


"C'est cher, donc le jour où l'industrie se dira, c'est fini, ça peut repartir assez vite", explique Etienne de Poncins.
 


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