Des artistes veulent réconcilier hommes et requins

Dimanche 15 juin 2014 à 10h28

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Onze oeuvres d'artistes contemporains, essentiellement chinois, sont présentées au Musée océanographique de Monaco jusqu'au 8 mars : onze points de vue visant à réconcilier l'homme, le plus grand des prédateurs, avec le requin. Ces oeuvres, monumentales pour certaines, s'intègrent dans l'exposition sensorielle et scientifique "Requins : l'expo-sensation", en cours au musée depuis un an.

 

Installations, sculptures, peintures, vidéo et poèmes se mêlent aussi aux collections du musée, invitant le visiteur à dépasser ses préjugés sur ces prédateurs des mers dont "plus de 100 millions sont tués par l'homme chaque année", souligne Robert Calcagno, directeur général de l'Institut océanographique. Plus de 25% des requins sont menacés de disparition dans le monde, ajoute-t-il, or, "ce prédateur, situé au sommet de la chaîne alimentaire, est indispensable au bon équilibre des écosystèmes marins."

 

Un immense filet vert en acier inoxydable enserre tout visiteur pénétrant dans le musée. "On peut imaginer l'humanité enfermée dans ce filet, au bord de l'étouffement, et toute la population océanique évoluant librement autour", suggère Wang Luyan, son auteur. "Je voulais qu'on se mette à la place du requin, faire ressentir la terreur qui l'envahit" au moment de la capture, explique l'artiste chinois.

 

A l'étage, un requin géant multicolore se change en poisson rouge. Plus loin, une installation faite de harpons entremêlés figure un requin en train de se débattre. "C'était pour moi le moyen artistique le plus direct d'exprimer la douleur et la peine de l'animal", explique Yu Yang, artiste mongol travaillant à Pékin. Sur la terrasse du musée enfin, deux oeuvres trônent dont un gigantesque aileron en baguettes d'acier soudées entre elles lors d'un patient travail d'assemblage qui dura une année, indique Zheng Lu, lui aussi d'origine mongole. "Je voulais faire comme une bulle, qui peut disparaître à tout moment", explique-t-il.

 

Cette exposition, soutenue par Parkview Arts Action (fondation qui vise, par l'intermédiaire de l'art, à la préservation de l'environnement) et par WildAid (association qui lutte contre la consommation d'ailerons de requins), doit être également présentée au Musée national de Pékin. "La Chine est le principal consommateur d'ailerons. Emanant d'un collectif d'artistes chinois, ces oeuvres n'en ont que plus de poids", estime M. Calcagno.

 

Exposition "On Sharks & Humanity", au Musée océanographique de Monaco, jusqu'au 8 mars 2015. Exposition "Requins: l'expo-sensation", jusqu'en 2015. Informations: www.oceano.org

 


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