Le renflouement du Concordia, un risque pour la vie sous-marine

Mercredi 16 juillet 2014 à 18h08

Au début de l'été, les baleines ont l'habitude d'allaiter leurs petits près des côtes italiennes, d'où la crainte des associations environnementales de voir le Costa Concordia, en plein renflouement, déverser des produits toxiques dans les eaux que ces mammifères marins fréquentent.


Le paquebot de croisières, dont le naufrage le 13 janvier 2012 devant l'île toscane du Giglio a fait 32 morts, a recommencé à flotter lundi, ce qui constitue la première phase décisive de son renflouement. Une fois renfloué, le navire, long de 300 m et pesant quelque 115.000 tonnes, prendra le départ vers le port de Gênes (nord-ouest), où il sera démantelé. C'est ce voyage, long de 280 km et d'une durée de quatre jours environ, qui verra le géant des mers passer à 25 km de la Corse, près de l'île d'Elbe, et à 10 km de l'île italienne de Capraia, que pointent du doigt les associations environnementales.

"Le Concordia passera par des zones protégées où évoluent des dauphins, des cachalots, ainsi que des rorquals qui ont pris l'habitude d'emmener leurs petits dans ces eaux poissonneuses au large de Gênes pour les nourrir", explique Giorgia Monti, de Greenpeace. L'association environnementale craint que la coque endommagée du paquebot ne supporte pas le voyage et ne se brise, répandant dans la mer un mélange toxique de métaux lourds, huiles, plastiques et autres produits chimiques. Néanmoins, le plus vraisemblable serait que la coque résiste à la pression mais que des débris se détachent au fur et à mesure, permettant la fuite de quelque 263.000 mètres cubes de liquide pollué en Méditerranée.

Autre scénario possible: le déversement dans la mer de la centaine de tonnes de fuel restant dans les réservoirs après avoir été vidés."Nous sommes très inquiets des conséquences que cela pourrait avoir sur les cétacés", souligne Mme Monti.


Pas plus de deux noeuds à l'heure


En outre, des substances telles des phtalates ou des alkylphénols, contenus dans les câbles, meubles et appareils électriques du navire, pourraient endommager le système reproducteur de ces mammifères.

Propriétaire du bateau, Costa Croisières (groupe Carnival), a insisté sur le fait que les éventuelles fuites n'excéderaient pas ce que répand habituellement tout bateau en Méditerranée, l'une des mers les plus fréquentées du globe.

A une vitesse ne dépassant pas deux noeuds à l'heure, dix navires accompagneront le paquebot lors de son dernier voyage, afin de collecter les éventuels débris, contrôler la qualité des eaux et prévenir les cétacés de l'approche du Concordia. Un équipement incluant des barrages anti-pétrole et des appareils à infra-rouge détectant toute trace d'hydrocarbure à la surface de l'eau la nuit, sera embarqué. Une fois arrivé à Gênes, le bateau sera vidé de tout liquide puis découpé en trois parties, avant d'être dépecé, ce qui prendra plus de deux ans. Pendant ce temps, Costa a promis de nettoyer la zone d'échouage du paquebot près du Giglio afin de restituer aux fonds marins leur pureté d'avant le naufrage.

Ainsi, les immenses plateformes sur lesquelles le Concordia a reposé seront démantelées, ainsi que les 21 piliers les soutenant et les 16.000 tonnes de sacs de ciment qui consolidaient les fonds seront transplantées.

Lundi, le ministre de l'Environnement italien Gian Luca Galletti, a rappelé que Costa s'était engagé à mettre en place une surveillance de l'environnement et des fonds marins pendant cinq ans. "Le Giglio doit revenir à sa virginité d'antan", a-t-il affirmé.

 


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