Après Xynthia, La Faute-sur-Mer veut se reconstruire

Samedi 28 février 2015 à 09h33

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Cinq ans après le passage meurtrier de la tempête Xynthia à La Faute-sur-Mer, la petite commune vendéenne, meurtrie et divisée, veut retrouver son image de station balnéaire où il fait bon vivre, dans l'espoir de ramener touristes et habitants.


Gros bourg "sinistré", passé de quelque 1.000 habitants l'hiver, en 2010, à 750 cinq ans plus tard, La Faute-sur-Mer a vécu "beaucoup de chocs", le traumatisme des 29 morts lors du passage de Xynthia, dans la nuit du 27 au 28 février 2010, puis celui de la démolition décidée "arbitrairement par l'Etat" de 600 maisons, soit "20% de notre territoire", "comme si une bombe était tombée" dessus, résume le maire élu en 2014, Patrick Jouin.

 

Pour l'édile, la "reconquête" passe par une "remise en scène de la commune dans sa partie la plus meurtrie", la "cuvette de la mort" où ont péri les victimes de Xynthia et où dominent cinq ans plus tard tas de gravats et herbe haute. Le projet de réaménagement de cette zone dévastée, voté en conseil municipal en décembre pour un coût global de 10,5 millions d'euros, prévoit la construction d'un golf d'une vingtaine d'hectares, d'un centre équestre, ainsi que d'un parc en lieu et place de l'ancien camping municipal. Objectif : "élargir l'offre touristique, pas seulement en juillet et août, mais de Pâques à la Toussaint".

Le projet fait consensus car "la population a compris que l'élan est nécessaire", assure M. Jouin, même si le contexte est "compliqué", le vote étant intervenu trois jours après la condamnation de l'ancien maire de La Faute-sur-Mer, René Marratier, à quatre ans de prison ferme pour homicides involontaires.

 

Déjà vives lors de la mise en examen de M. Marratier, en avril 2011, les tensions ont été exacerbées durant les cinq semaines du procès, entre les partisans de l'ancien maire et les familles de victimes qui s'étaient constituées parties civiles. Seulement sept des quelque 120 parties civiles n'ont pas quitté La Faute-sur-Mer, selon François Anil, sinistré de Xynthia et membre de l'association des victimes, l'Avif, partagé sur l'opportunité d'un golf, à la fois signe d'une "avancée" mais "violent" pour les familles. "Il ne faut pas sanctuariser, il ne faut pas faire non plus n'importe quoi (...). Il y a cinquante ans, des endroits ici étaient désertiques, sans maisons, c'était pour de bonnes raisons car des tempêtes, on en a deux ou trois par siècle", rappelle-t-il.

 

Depuis 2007, la station balnéaire a perdu le tiers de sa population, un déclin amplifié après Xynthia. "Forcément, ça a une incidence sur l'économie", insiste le Fautais, vice-président de l'association, qui a obtenu fin janvier l'annulation par la justice administrative du plan de prévention des risques d'inondation (PPRI), pour empêcher "l'arrêt de toute construction" et du développement de la commune.

Golf ou pas golf, "c'était indispensable d'aller de l'avant (...). Je ne pense pas que la réconciliation soit pour demain, mais on a besoin de nouveaux projets pour évincer un peu ce passé qui nous torture depuis cinq ans", fait valoir M. Baudillon. "La pire des choses serait de geler la totalité du projet", abonde le maire de La Faute-sur-Mer, qui table sur un achèvement des travaux d'aménagement en 2019.

 

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