Des rejets en mer suspects dans le parc des Calanques

Jeudi 9 avril 2015 à 12h59

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Ségolène Royal a demandé au groupe Altéo, qui exploite le site de production d'alumine de Gardanne (Bouches-du-Rhône), responsable de rejets de boues rouges en plein coeur du Parc national des Calanques, près de Marseille, de réaliser de nouvelles analyses sanitaires.

La ministre indique dans un communiqué avoir "demandé au préfet de prescrire à l'exploitant les nécessaires études et analyses complémentaires sous le contrôle de l'ANSES", l'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail.

Mme Royal souhaite notamment "la réalisation d'une campagne de pêche complémentaire permettant de conclure sur l'impact effectif" des rejets de métaux lourds (mercure, aluminium, arsenic, plomb, chrome, cobalt).

Ces analyses "devront impérativement tenir compte des critiques de l'ANSES". L'agence "sera associée à la conception du plan d'échantillonnage et désignera le laboratoire chargé de mesurer la contamination des poissons prélevés", souligne la ministre. Dans un rapport récent, l'ANSES estime qu'"au regard des éléments produits par l'exploitant", il n'est "pas possible de caractériser l'impact spécifique du rejet de l'usine" de Gardanne sur l'environnement marin. Selon elle, Altéo n'a "produit qu'un nombre très limité de données de contamination des poissons".

L'agence recommande de "réaliser de nouvelles campagnes de pêche", afin de déterminer "l'étendue et l'ampleur de l'impact" des rejets. Elle suggère notamment que les points de prélèvements ne se limitent pas à la zone de rejet, mais comprennent d'autres sites en Méditerranée, pour permettre des comparaisons, de "s'intéresser à l'ensemble des espèces susceptibles d'être consommées" et de prélever des effectifs suffisants pour permettre une analyse statistique par espèce.

En septembre 2014, le conseil d'administration du Parc national des Calanques avait prolongé de 30 ans la dérogation accordée à l'usine pour rejeter en mer les résidus liquides issus de la production d'alumine à partir de minerai de bauxite.

Mme Royal avait alors souligné que cette décision "ne saurait tenir lieu d'autorisation de rejet en mer" pour le site, qui "ne peut être délivrée que par le préfet, au nom de la ministre, au terme d'une instruction menée par les services de l'État". Elle avait ajouté peu après que l'arrêt du rejet des boues rouges, prévu au 31 décembre 2015, devait "être anticipé".

 


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