Algue filamenteuse en Méditerranée

Samedi 8 août 2015 à 14h12

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Elle revient chaque année recouvrir d'un voile jaunâtre la végétation sous-marine des côtes de la Méditerranée et inquiète les plongeurs mais les scientifiques se veulent rassurants sur la nocivité de l'algue filamenteuse, phénomène « saisonnier et naturel ».


« Beaucoup de plongeurs en trouvent » à des profondeurs de 30 à 90 mètres, témoignent, sous couvert de l'anonymat, deux responsables du club de plongée à Sanary-sur-mer (Var). Et même si « la gorgone », un corail de Méditerranée, « est encore saine », l'algue « va, à terme tuer la faune et la flore », craignent-ils.

 


Les plongeurs de Méditerranée, qui surnomment « barbe à papa » l'algue filamenteuse sont d'autant plus inquiets qu'elle apparaît en pleine saison touristique, alors qu'arrivent de nombreux amateurs de plongée. L'algue filamenteuse « est présente depuis les années 80 en Méditerranée occidentale », rappelle Thierry Thibaut, chercheur à l'institut méditerranéen d'océanologie de l'université d'Aix-Marseille. « On la trouve entre 20 et 40 mètres de profondeur. De Marseille jusqu'à Nice, tout est recouvert de ce cocon filamenteux qui se dépose sur toute la roche », explique-t-il.

 


Habituellement absente en hiver, l'algue apparaît au printemps avec la montée de la température de l'eau. Mais cette année, avec la douceur de l'hiver et une température aquatique plus élevée que la moyenne, l'invasion a été précoce. « Ca envahit un peu tout. Jusqu'à présent le phénomène a été assez court en été. Cette année, avec la chaleur qui a démarré tôt et si elle continue tard dans la saison, ça peut se poursuivre », analyse Jean-Luc Bonnefont, responsable de recherche à l'institut océanographique Paul Ricard, sur l'île des Embiez (Var).

 

Phénomène saisonnier

« Ca recouvre tout, mais ça ne détruit pas la faune ni la flore », tempère Thierry Thibaut. Par ailleurs, « son impact n'est pas dangereux et reste très limité dans le temps, elle disparaît d'une année à l'autre ». « C'est un phénomène naturel, saisonnier avec un impact limité », ajoute le chercheur. Selon une hypothèse, c'est l'eau traitée sortant des stations d'épuration profondes qui pourrait en être à l'origine : le phénomène serait lié aux rejets qui augmentent l'apport en sel nutritifs, sans pour autant être lié à la pollution.
« Elle est présente également dans les zones protégées de Port-Cros, au large des côtes varoises », note toutefois M. Thibaut : « ce n'est donc pas lié à la pollution ».

 


Pour Marc Verlaque, également chercheur à l'université d'Aix-Marseille, son apparition est liée à des conditions météo particulières, du soleil et un temps calme sur une longue période. En général le phénomène est printanier mais en l'absence de coups de vent violents il peut se prolonger en été, résume-il. L'impact sur la faune et la flore marine dépend de la durée du phénomène. « Lorsque la période de prolifération est courte, il n'y a pas d'impact négatif visible. Mais si cette période est longue, des nécroses peuvent apparaître sur certains organismes ».

 

Le rafraîchissement des températures de l'eau ces dernières semaines semble avoir ralenti le phénomène: « grâce au vent et au courant marin, l'invasion est en nette régression », témoigne Francklin, plongeur dans la région de Nice.


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