Mini Transat : des écarts importants

Jeudi 12 novembre 2015 à 11h13

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Quand les premiers toucheront terre en Guadeloupe, certains auront encore la moitié de l’Atlantique à avaler avant de goûter au ti punch réparateur, de retrouver les copains, la famille. Comble d’infortune, l’alizé qui, jusqu’ici avait soufflé avec vigueur, va donner pendant quelques jours des signes de faiblesse. Devant les leaders, Frédéric Denis en prototype, et le tandem Lipinski – Pulvé en série, continuent leur cavalier seul. Derrière eux, le suspense reste entier quant à la distribution des places d’honneurs. Les derniers bords avant la Guadeloupe seront déterminants.


Avarie obligeant à un arrêt, mauvaise option de route, manque de vitesse, les rasions qui font que l’on se retrouve en queue de peloton sont nombreuses. Pour certains, la course s’est jouée dès le départ de Lanzarote quand ils ont constaté qu’une escale devenait indispensable. C’est le cas de Yann Claverie (MAP Product) qui s’est détournée sur Gran Canaria, de Fred de Mesel (Double Trouble) revenu à Lanzarote pour réparer un de ses safrans ou de Nacho Postigo (Vamos Vamos) obligé de faire escale à Fuerteventura. Tous sont repartis, mais le vent qui avait accompagné la tête de flotte n’était plus au rendez-vous. Condamnés dès l’entame de l’étape à vivre une autre course, ils ont dû prendre leur mal en patience, apprendre à faire contre mauvaise fortune bon cœur, trouver d’autres ressorts. On imagine bien que pour Nacho Postigo, il s’agissait avant tout de prendre une revanche sur le sort qui s’acharnait sur lui depuis le début de la course. Régatier émérite sur des unités prestigieuses comme les TP 52, il voulait avant tout aller au bout de cette aventure personnelle qu’est la Mini Transat îles de Guadeloupe. Deux autres coureurs ont dû faire escale aux îles du Cap-Vert, François Jambou (Concevoir et Construire) et Dominik Lenk (dominiklenk.com). En repartant bons derniers, alors que les concurrents qui les avait précédés avaient décidé de mettre un terme à l’aventure, François et Dominik ont fait preuve d’une ténacité exemplaire qui sera sûrement saluée comme elle le mérite à Pointe-à-Pitre.

 

Les égarés du nord

Pour d’autres, le choix de la route a été particulièrement pénalisant. Pour cette édition 2015, il n’y avait pas d’alternative stratégique. En dehors de la route sud, point de salut. Malgré tout, ils ont été quelques uns à vouloir tenter le diable comme le Russe Yuri Firsov (Magnum Sports), l’Italien Federico Cuciuc (Zéro @& T), le Chinois Xu Jingkun (China Dream) ou bien encore Sylvain Michelet (A chacun son Everest). Ils ont dû se contenter de vents variables, de vitesses parfois inférieures à 6 nœuds quand le reste de la flotte filait à près de 10 nœuds dans le sud. Pour eux, le classement édité par la direction de course et diffusé par la BLU chaque midi a dû être un pensum. Tel concurrent, interrogé à l’issue de la première étape, avait trouvé la solution : éteindre la radio après la diffusion du bulletin météo et ne pas attendre le verdict des positions respectives des uns et des autres.

 

Chemin faisant

Enfin, il y a la cohorte de ceux qui sont venus pour l’aventure, sans autre ambition que de traverser l’Atlantique à leur rythme, de se faire plaisir quoi qu’il advienne. « Qui veut voyager loin ménage sa monture » est leur philosophie, plutôt que « si tu choques, t’es un lâche ». C’est une autre manière de vivre la course tout aussi respectable qu’ont choisi Jan Heinze (Lonestar), Aitor Ocerin (Iparbeltz), Andy Abel (Pepen) ou bien encore Lizzy Foreman (Hudson Wight). Enfin il y aura les déçus, ceux qui n’auront pas su trouver le bon rythme ou qui auront été handicapés par des pépins techniques. Ceux-là étaient venus avec d’autres ambitions comme Quentin Vlamynck (Arkema), Hervé Aubry (Ixina - HSD Sails) ou Mathieu Bourdais (Tous au Large). Pour eux, la traversée risque de paraître particulièrement longue. Mais qu’on le dévore à grande vitesse ou étape par étape, tous auront mérité de se dire, « j’ai fait la Mini. »


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