Piétonisation des berges de Seine rive droite : soutiens et critiques

Samedi 10 septembre 2016 à 15h41

Les berges de la Seine rive droite que la maire PS de Paris Anne Hidalgo est décidée à interdire dès cette rentrée aux voitures, au nom de la lutte contre la pollution de l'air, seront dédiées aux piétons ou vélos sur plus de trois kilomètres au coeur de la capitale.


Le projet est applaudi par la gauche et les écologistes mais suscite aussi critiques et réticences, notamment en banlieue et de la part des autorités qui plaident pour une période test.

Où, quoi, quand, pourquoi

Le projet voté en Conseil de Paris le 1er décembre 2015, ferme la voie Georges-Pompidou à la circulation automobile sur 3,3 km de la rive droite, sur son quai bas, de l'entrée du tunnel des Tuileries (Ier arrondissement) à la sortie du tunnel Henri-IV (IVe arrondissement).

La circulation automobile était déjà fermée cet été pour Paris-Plages, qui se terminait le 4 septembre. Les installations seront démontées dans la semaine. Un événement piéton "Cap sur la COP 22", avec expositions et animations, opportunément décidé et voté début juillet, prend le relais jusqu'au 15 octobre.

Une délibération visant à valider définitivement le projet sera ensuite soumise au Conseil de Paris le 26 septembre. Tous les groupes de la majorité municipale, gauche et écologistes, ont toujours été en sa faveur.

Le préfet de police de Paris qui a autorité en matière de circulation dans la capitale, doit ensuite donner son avis. Michel Cadot, dans une interview au Parisien lundi, a souhaité une période de test de six mois.

Pour la maire de Paris, il y a "urgence climatique". Il s'agit de lutter contre la pollution de l'air en diminuant la place de la voiture mais aussi améliorer la qualité de vie en offrant un espace supplémentaire de promenade aux piétons et vélos et redonner aux berges classées à l'Unesco, qui longent l'Ile Saint-Louis et de la Cité, une attractivité polluée par une "autoroute urbaine".

Le projet est estimé à huit millions d'euros. Il prévoit des terrasses en bois et de la végétalisation. Les installations seront réversibles. Une file pour la circulation d'urgence est prévue. Des activités ludiques et sportives seront proposées.

L'impact

Quelque 43.000 voitures circulaient chaque jour sur cette voie. Selon l'exécutif parisien, le projet aura "peu d'impact". Les reports de circulation seront localisés "dans l'hyper centre", sur les quais hauts et le boulevard Saint-Germain, un peu sur le périphérique. Ils seront également "temporaires", les usagers adaptant leur itinéraire ou changeant de moyen de transport.

L'opposition

La commission d'enquête publique a rendu au mois d'août un avis défavorable. Ses arguments : un périmètre d'enquête insuffisant, un manque de consultation des communes environnantes et des bienfaits en matière de réduction de la pollution pas suffisamment étayés. Ces arguments avaient déjà été avancés par le droite parisienne, des élus de banlieue ou la présidente du conseil régional, Valérie Pécresse.

Le groupe Les Républicains qui n'est pas hostile sur le principe mais portait un projet alternatif, a posté une pétition en ligne sur change.org pour une suspension du projet jusqu'à 2018 (près de 2.800 signataires lundi). L'UDI-MoDem demande aussi un moratoire "d'au moins un an" en dénonçant un "passage en force".

Une pétition de 40 millions d'automobilistes demande aussi la fin du projet (11.000 signatures).

Les soutiens

Des défenseurs de l'environnement ont signé un texte en août dans le Huffington Post pour fustiger une "vision passéiste des transports" quand la "pollution tue 6.500 personnes par an" sur le territoire de la Métropole du Grand Paris : parmi les signataires, le photographe Yann Arthur-Bertrand, l'eurodéputé José Bové, l'ex-ministre écologiste Pascal Canfin, l'ex-ministre de l'Écologie Corinne Lepage, le président de la Ligue pour la protection des oiseaux Allain Bougrain-Dubourg.



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