La piétonisation des berges de Seine rive droite sera votée demain

Dimanche 25 septembre 2016 à 07h13

Les berges de Seine rive droite au coeur de Paris, héritières de l'époque du tout-voiture des années Pompidou, seront définitivement réservées aux piétons ou vélos, par un vote lundi du Conseil de Paris.


Le projet ferme la voie Georges-Pompidou à la circulation automobile sur 3,3 km du quai bas, de l'entrée du tunnel des Tuileries (Ier arrondissement) à la sortie du tunnel Henri-IV (IVe arrondissement). Porté par la maire PS Anne Hidalgo, le projet est tout autant salué qu'il suscite critiques et questions.

Quels sont ses objectifs?
Anne Hidalgo veut réduire la place de la voiture à Paris, lutter contre la pollution de l'air "qui tue et rend malade" et redonner aux promeneurs un site classé à l'Unesco sur ce parcours occupé temporairement depuis 2002 par Paris Plages. Elle passe outre un avis défavorable d'une commission d'enquête publique.

Est-ce définitif?
Oui. L'arrêté municipal - avec avis conforme du préfet de police, qui a voix au chapitre en matière de circulation à Paris - entérinera dans quelques semaines le vote en Conseil de Paris, et sera "définitif", dit-on à l'Hôtel de Ville. Dans le texte de sa délibération, la Ville retient un principe de réversibilité "si les perturbations étaient jugées trop importantes", ce qu'elle n'attend absolument pas.

Son impact sera-t-il étudié?
Oui. La circulation est comptabilisée par les services de la Ville, qui a également missionné l'association AirParif pour mesurer la qualité de l'air. Des capteurs seront installés sur les quais, le boulevard Saint-Germain, le quai de Bercy et partout où le décidera un comité de suivi auquel participe la Métropole du Grand Paris (MGP), et donc en banlieue. Des bilans seront publiés à six mois et un an. La mairie assure que c'était prévu. Mais cela répond aussi au Préfet de police Michel Cadot qui s'était prononcé pour une période d'essai de six mois. L'opposition Les Républicains, qui réclamait des capteurs depuis des mois sans être entendue, conteste la pertinence des futurs résultats.
La présidente de la région, Valérie Pécresse (LR), et celui de la MGP, Patrick Ollier (LR), ont également annoncé la création de leur propre observatoire.

Il n'y aura donc plus que des piétons sur ces berges?
Oui et non. Les berges seront réservées aux piétons, vélos et autres rollers, avec des aménagements légers et des animations, mais une voie de dégagement de quatre mètres de large sera maintenue. Elle pourra être rapidement utilisée "en cas de force majeure", pour des véhicules de secours par exemple. Les aménagements devront également être faciles à démonter rapidement en cas de crues.

Est-ce la pagaille annoncée pour les automobilistes?
La maire dit non, les opposants crient à la "thrombose" annoncée. La voie, fermée déjà depuis mi-juillet pour Paris Plages, accueillait quelque 43.000 voitures chaque jour. Selon une étude de la Ville, l'impact sera "concentré et temporaire" dans l'hyper-centre, avec des reports en banlieue "extrêmement mineurs". Des études scientifiques sur des cas comparables pointent une "évaporation" de voitures, de 10 à 20%. Les automobilistes changent d'habitudes, de moyens de transport, regroupent des trajets, etc.

Qui soutient le projet ?
La ministre de l'Environnement Ségolène Royal, la gauche et les écologistes en général. Près de 19.000 personnes ayant signé une pétition sur change.org. Cinq pneumologues reconnus ayant alerté d'une pollution de l'air qui entraîne "2.500 décès par an à Paris et 6.600 à l'échelle de la Métropole". Une petite majorité de Parisiens, selon un sondage Ifop commandé par le PS-Paris : 55%, dont 62% dans le centre et 69% chez les 18-24 ans. Mais 45% ne sont "pas favorables".

Qui s'y oppose ?

Les élus de droite, à Paris, en banlieue et au Conseil régional d'Ile-de-France mais ça grogne à gauche aussi.
La droite ne conteste pas la lutte nécessaire contre la pollution mais les élus craignent l'enfer de bouchons, encore plus polluants, pour les Franciliens qui travaillent à Paris. Ils déplorent le "manque de concertation" de la maire et une décision prise trop vite sans réelle alternative. Le groupe LR de Paris a proposé un tracé alternatif, "jamais pris en compte". L'UDI-Modem demande des "Etats généraux de la circulation".
A gauche, le Val-de-Marne dirigé par Christian Favier (PCF) a exprimé sa "préoccupation". De nombreux artisans et commerçants locaux vont livrer à Paris.
Une pétition de l'association "40 millions d'automobilistes" a rassemblé 12.000 signatures.

Des recours sont-ils envisagés ?

Le groupe LR de Paris a annoncé qu'il attaquerait le futur arrêté municipal devant le tribunal administratif. Il a déjà déposé jeudi un référé contre deux arrêtés interdisant temporairement la circulation sur les berges.


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