Des nageurs traversent la mer Morte pour sensibiliser sur son déclin

Mercredi 16 novembre 2016 à 17h04

Vingt-six nageurs ont bravé mardi les eaux saturées de sel de la mer Morte pour la traverser entre ses rives jordanienne et israélienne, une initiative visant à sensibiliser sur son risque d'assèchement.


Venant du monde entier, les nageurs ont parcouru en sept heures les 17 kilomètres (10,6 miles) séparant les deux rives de la mer Morte, située au point le plus bas de la planète, à 300 mètres en dessous du niveau de la mer. En raison de la forte concentration de minéraux dans l'eau, il est très difficile d'y nager, la salinité étant notamment dix fois supérieure à celle de la Méditerranée.

"Le plus dur, c'était le soleil et la sensation de sel sur la peau (...) Tu as l'impression que tu brûles tout le temps", indique Samuel Moran, un Espagnol âgé de 40 ans.

Les nageurs, dont le plus âgé avait 68 ans, portaient des masques spéciaux pour éviter tout contact de l'eau avec leurs yeux, leur nez et leurs oreilles. "Quelques gouttes d'eau dans les yeux suffisent à brûler comme de l'acide, et si vous ingérez de l'eau, par le nez ou la bouche, cela peut être mortel", explique la nageuse néo-zélandaise Kim Chambers, habituée des nages extrêmes.

L'évènement a été qualifié de première par ses organisateurs, l'ONG EcoPeace.

L'initiative visait à sensibiliser le public à la dégradation environnementale de la Mer morte dont le niveau baisse d'environ un mètre chaque année. C'est un "appel mondial pour sauver cette mer extraordinaire" qui est sur le "déclin", a déclaré Gidon Bromberg, co-directeur de EcoPeace Middle East. Selon les experts, la mer Morte pourrait être totalement asséchée d'ici 2050.

Sa dégradation a commencé dans les années 60 lorsque Israël, la Jordanie et la Syrie ont commencé à détourner de l'eau du Jourdain, sa plus importante source d'eau. Son niveau a baissé de 40 mètres depuis le début du processus d'assèchement, a expliqué Yechieli Yoseph, hydrologue pour l'agence gouvernementale chargée des études géologiques. Il "descend principalement parce que nous avons changé son équilibre hydraulique. Par 'nous', j'entends Israël, la Jordanie et la Syrie", explique-t-il. "90% ou plus de l'eau qui approvisionnait la mer Morte est aujourd'hui détournée", a-t-il ajouté.

Selon lui, les relations entre les pays impliqués compliquent la donne pour résoudre le problème. Israël et la Jordanie, liés par un traité de paix, sont en effet en froid, et la Syrie est en pleine guerre civile.


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