Défi de Monte Cristo - Jacques Tuset continue de jouer les évadés

Lundi 26 juin 2017 à 14h28

Il y a 15 ans, Jacques Tuset reliait à la nage l'ancienne prison du château d'If à la côte marseillaise à la manière du personnage romanesque d'Edmond Dantès. Depuis, il n'a de cesse de jouer les évadés sur toutes les îles-prison du monde.


Ce passionné de la mer, âgé de 53 ans, a pris part dimanche pour la 7e fois au défi de Monte Cristo, une course à la nage en eau libre, qui revisite l'évasion du héros du roman d'Alexandre Dumas père, mais avec 800 nageurs ! "Moi je m'évade pour le plaisir. Je ne pars pas dans un sac comme c'était le cas pour Edmond Dantès", raconte à l'AFP Jacques Tuset.

Le Capitaine Dreyfus, Nelson Mandela, Louis Seznec ou encore Henry Charrière surnommé 'Papillon': ces célèbres prisonniers ont inspiré ce cheminot pour les 21 traversées entre îles prison et côtes qu'il a réalisées jusqu'à présent, bravant requins, méduses et courants.

Tout est parti de l'envie de soutenir un ami dont les enfants souffraient d'une maladie héréditaire rare, la choroïdérémie, qui provoque une perte progressive de la vue et ne touche que les hommes.

"Pour les garçons qui sont atteints de cette maladie, c'est comme une personne au fond d'une cellule noire et qui regarde à travers les barreaux de la fenêtre. Alors moi, j'ai voulu attirer l'attention en apparentant ça à la liberté de retrouver la vue", explique-t-il.

- Alcatraz -

Vêtu d'un simple maillot de bain, Jacques Tuset, formé aux grandes traversées -il en a effectué plus de 350- a réussi son pari en récoltant 20.000 euros. Et il a une communauté qui le suit pas à pas sur les réeaux sociaux.

"Ces îles-prison me marquent toutes car elles sont ancrées dans un passé. Mais mes deux plus belles traversées sont le château d'If et Alcatraz".

Située dans la baie de San Francisco, Alcatraz, fermé en 1963, était considéré comme le pénitencier le plus rude où étaient emprisonnés les délinquants les plus durs, tel Al Capone, et d'où on ne s'échappait jamais.

La prison n'est qu'à 2 km des côtes mais l'eau est à 7 degrés. "On m'a raconté que les prisonniers prenaient des douches chaudes pour qu'ils ne s'habituent pas à l'eau froide au cas où ils voudraient s'évader", se souvient Jacques Tuset.

Le marathonien ne se contente pas de nager, il prend le temps d'aller sur l'île-prison. Et aime se retourner quand il traverse pour regarder l'endroit qu'il quitte.

"C'est intéressant de savoir ce qu'il s'est passé. La vie était très dure pour les bagnards de l'Ile du Diable en Guyane. Je me suis imprégné de ça en me demandant: comment auraient-ils pu s'évader en nageant?".

Le nageur montpelliérain a aussi fortement été marqué par Robben Island, face à la ville du Cap en Afrique du Sud, où Nelson Mandela est resté enfermé 18 ans sur ses 27 années de captivité.

Jacques Tuset n'en a pas fini. Ses prochains défis devraient l'amener au Japon et en Patagonie, deux îles-prison fermées. Car il a une règle: "Je ne fais jamais celles qui sont actives pour ne pas donner d'idée aux prisonniers".

 

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